En Colombie, l’enlèvement d’un légionnaire relance la tension

Un caporal franco-colombien de la Légion étrangère a été enlevé le 6 août dans le sud-ouest de la Colombie, en zone tenue par des dissidents des FARC.

Écusson de la Légion étrangère en gros plan
Image d'illustration. Un légionnaire a été enlevé le 6 août. — ADN

En bref

  • Un légionnaire franco-colombien enlevé le 6 août
  • Les dissidents des FARC sont accusés
  • Le rapt survient en pleine ligne dure

Un caporal franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans le sud-ouest de la Colombie. L’affaire dépasse le seul fait divers militaire. Elle remet en lumière la présence de groupes armés dans des zones où l’Etat peine encore à reprendre la main.

Un enlèvement sur une route du Nariño

Les faits connus sont précis. José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu’il circulait sur une route du département de Nariño, selon un rapport de l’armée colombienne.

D’après ce document, les responsables présumés sont des dissidents des FARC, ces anciens rebelles qui ont refusé l’accord de paix signé en 2016 avec le gouvernement. Le même rapport indique que ses ravisseurs l’ont enlevé après avoir compris qu’il appartenait à la Légion étrangère française.

Le profil du caporal au centre de l’affaire

Ce militaire n’était pas en opération. Le colonel Mauricio Osorio a expliqué à Blu Radio que José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l’armée française depuis quatre ans, se trouvait en permission dans son pays d’origine au moment de son enlèvement.

Ce point compte. Il confirme que l’homme visé n’était pas déployé dans le cadre d’une mission officielle en Colombie, mais présent à titre personnel.

Un groupe armé lié à Ivan Mordisco

Le groupe accusé dans ce dossier est dirigé par un homme connu sous le nom d’Ivan Mordisco, présenté comme le guérillero le plus recherché de Colombie.

Dans le pays, les groupes armés recourent régulièrement aux enlèvements. L’objectif, selon les autorités, est double, obtenir de l’argent par l’extorsion ou faire pression sur l’Etat. Ces organisations sont aussi impliquées, principalement, dans le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale.

Une affaire qui tombe en plein durcissement politique

Le timing n’a rien d’anodin. Le président Abelardo de la Espriella, arrivé au pouvoir début août, affiche une ligne de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur, Gustavo Petro, ancien membre d’une autre guérilla dissoute, n’avait pas réussi dans la plupart de ses tentatives de paix. Et, selon de nombreux experts cités de longue date dans le débat colombien, les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.

Résultat, cet enlèvement prend une portée plus large. Il intervient au moment où le nouveau pouvoir promet justement de reprendre le contrôle face aux guérillas.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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