En bref
- 165 morts, 1300 disparus entre Népal et Tibet
- La piste d’un effondrement glaciaire domine
- Le rôle du climat reste à confirmer
Au moins 165 personnes sont mortes et 1300 autres restent portées disparues après une violente coulée de boue survenue mercredi 26 août 2026 à la frontière entre le Népal et le Tibet, en territoire chinois. Dans cette zone de l’Himalaya, le relief très abrupt a aggravé les effets de la crue.
Un bilan humain très lourd dans l’Himalaya
Les images diffusées après la catastrophe montrent une masse de boue et de débris dévalant la vallée. Le drame s’est produit dans un secteur déjà connu pour sa vulnérabilité, entre haute montagne, cours d’eau encaissés et versants instables.
Pour l’instant, les secours et les autorités travaillent encore avec des données incomplètes. Mais le bilan humain place déjà cette crue parmi les événements les plus graves observés récemment dans cette région.
🌊 Images terrifiantes au nord du #Népal avec coulée de boue de plusieurs mètres emportant tout sur son passage. Des centaines de personnes sont portées disparues.https://t.co/Cr8m4IV65b
— Anthony Grillon 🌪 (@AnthoGrillon) August 26, 2026
La piste d’un effondrement glaciaire se précise
Du côté des causes, l’hypothèse qui revient le plus est celle d’un effondrement glaciaire. L’Institut d’études géologiques des États-Unis, l’USGS, dit avoir d’abord enregistré un séisme de magnitude 4,4, ensuite réévalué à 5,2.
L’organisme a ensuite estimé que cet événement sismique correspondait en réalité à un effondrement de glacier suivi d’une coulée de débris, avec des conséquences catastrophiques en aval.
Avant cette précision, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, avançait qu’un tremblement de terre avait probablement déclenché un glissement de terrain. Celui-ci aurait obstrué le lit d’une rivière, provoquant ensuite la crue.
L’ICIMOD, centre international basé à Katmandou, n’a relevé aucune anomalie du côté chinois de la frontière. Son analyste Sarthak Shrestha estime qu’une avalanche de roches et de glace s’est probablement produite au Népal, bloquant la rivière Lhende avant la montée brutale des eaux.
Le climat n’est pas écarté, mais rien n’est tranché
Le lien avec le changement climatique n’est pas établi à ce stade. Mais il n’est pas écarté. Les scientifiques rappellent que l’Himalaya subit déjà des transformations bien documentées, avec davantage de vagues de chaleur, le recul des glaciers et la réduction du permafrost, autant de facteurs qui peuvent favoriser glissements de terrain et crues soudaines.
Le Népal est aussi exposé au phénomène de GLOF, la vidange brutale d’un lac glaciaire. Ce type d’épisode avait déjà provoqué une catastrophe similaire en juillet 2025, lorsqu’un lac du comté chinois de Gyirong avait débordé vers le district népalais de Rasuwa.
Dans les prochains jours, des équipes de recherche doivent comparer la probabilité d’un tel événement aujourd’hui avec celle de l’ère préindustrielle, à l’aide de simulations. Bref, le mécanisme immédiat se dessine, mais pour la part exacte du climat, il faudra une étude dédiée.