En bref
- Grève nationale prévue mardi 29 septembre
- Salaires, postes et chaleur au cœur du conflit
- Accueil possible dans le primaire selon le taux
Le mardi 29 septembre 2026, une grève touchera l’Éducation nationale, à l’appel de plusieurs syndicats. Des fermetures de classes ou des absences d’enseignants sont possibles dans le primaire, au collège et au lycée, avec une mobilisation inscrite dans un mouvement plus large de la fonction publique.
Une mobilisation nationale déjà fixée
Les organisations syndicales de la fonction publique, de la CGT à l’UNSA, en passant par la FSU, FO, la CFDT, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP, appellent à se mobiliser ce jour-là partout en France. Leur mot d’ordre porte sur les services publics et l’augmentation des salaires.
Dans l’Éducation, la contestation monte depuis la rentrée. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, reproche au pouvoir de garder le même cap depuis 2022 malgré le changement de ministre chaque année, avec selon lui une revalorisation insuffisante et des conditions de travail qui se dégradent.
Ce que les syndicats dénoncent à la rentrée
Le point le plus concret, ce sont les manques de personnels. D’après le Snes-FSU, 69 % des collèges et lycées publics ont commencé l’année avec une équipe incomplète, qu’il s’agisse d’enseignants, de CPE, d’AED, d’AESH ou de psychologues de l’Éducation nationale.
Autre alerte, relayée par Sud Éducation, environ 50 000 élèves en situation de handicap seraient sans AESH en cette rentrée 2026. La CGT Éduc’action ajoute la question des bâtiments scolaires après les épisodes de chaleur, jugeant urgente la rénovation du bâti et son adaptation au changement climatique. Les salaires, eux, continuent selon elle de reculer face à l’inflation.
Service minimum, ce que dit la règle
Pour les écoles maternelles et élémentaires, la loi du 20 août 2008 prévoit un service d’accueil gratuit pendant le temps scolaire en cas de grève ou d’absence imprévisible d’un enseignant si aucun remplacement n’est possible.
Si au moins 25 % des enseignants d’une école ont déclaré leur intention de faire grève, la commune doit organiser cet accueil. En dessous de ce seuil, les élèves restent accueillis dans l’établissement, sans mise en place d’un service minimum spécifique. Le maire établit la liste des personnes pouvant assurer cet accueil et choisit le lieu. Cette organisation peut aussi être confiée à une autre commune, à un EPCI ou à une caisse des écoles.
Le gouvernement défend son cap, les syndicats contestent
Avant la rentrée, le ministre Édouard Geffray assurait sur France Inter que le déplacement du concours enseignant à bac+3 avait amélioré le recrutement, en affirmant « On a fait le plein cette année ». Les syndicats ne partagent pas ce constat et dénoncent une politique qu’ils jugent éloignée des urgences de l’école.
La semaine dernière, lors d’un déplacement au lycée Chaptal de Mende, avec le président Emmanuel Macron, une quarantaine de manifestants ont réclamé plus de moyens et la fin des classes surchargées. Le chef de l’État y avait échangé avec des élèves sur l’interdiction du téléphone portable au lycée.
Une rentrée chargée jusqu’aux outils numériques
Le débat arrive aussi au moment où plusieurs organismes poussent des pistes de réforme. Le Conseil d’analyse économique avance un investissement annuel de quatre milliards d’euros pour la formation continue, le tutorat des élèves en difficulté et des classes moins chargées. Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan défend, lui aussi, une meilleure rémunération et des pratiques pédagogiques appuyées sur la recherche.
Et la rentrée reste perturbée dans certaines académies par la cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a conduit à suspendre préventivement plusieurs outils numériques, avec des difficultés signalées notamment à Toulouse et à Nantes.