En bref
- Deux oiseaux deviennent protégés en France
- La chasse est désormais interdite
- Leurs nids et habitats sont aussi couverts
Le lagopède alpin et le grand tétras ne pourront plus être chassés en France, et leurs nids comme leurs habitats gagnent aussi une protection renforcée. L’arrêté a été publié mardi 8 septembre 2026 au Journal officiel.
Ce que le nouveau statut change tout de suite
Dans les faits, les deux oiseaux de montagne entrent parmi les espèces protégées. Leur destruction, leur capture ou leur enlèvement sont désormais interdits. Même logique pour leurs œufs et leurs nids.
Et ce n’est pas limité aux seuls animaux. Leurs sites de reproduction et leurs aires de repos ne peuvent pas non plus être détruits, altérés ou dégradés. Bon, c’est le point le plus concret de la mesure, parce qu’il touche directement les conditions de survie de ces populations.
Une décision rare dans la protection des oiseaux
Ce classement a aussi une portée symbolique. Aucune nouvelle espèce n’avait été ajoutée depuis 2009 à la liste française des oiseaux protégés.
Cette liste, fixée par un arrêté du 29 octobre 2009, compte déjà plus de 250 espèces. On y trouve notamment le flamant rose, le martin-pêcheur, la cigogne blanche, le milan royal, le gypaète barbu, le faucon pèlerin, l’aigle royal, l’hirondelle rustique ou encore le rouge-gorge. Le lagopède et le grand tétras sont ajoutés à l’article 3, celui qui regroupe les espèces bénéficiant d’une protection renforcée.
Des populations déjà très fragiles en montagne
Si l’État tranche aujourd’hui, c’est parce que l’état de conservation de ces deux espèces se dégrade. Monique Barbut a parlé d’espèces emblématiques des forêts de montagne confrontées à un déclin préoccupant, et a jugé ce renforcement nécessaire.
Les causes sont connues. Le réchauffement climatique réduit progressivement leur habitat. S’ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l’artificialisation des milieux.
La Ligue pour la protection des oiseaux précise que le lagopède alpin ne subsiste en France que dans les Alpes et les Pyrénées, avec des populations isolées et fragiles.
Un cadre préparé depuis plusieurs mois
La décision n’arrive pas de nulle part. Elle avait été évoquée en avril, puis soumise à consultation publique du 2 au 23 juillet.
Début mars, le Conseil d’État avait déjà demandé au gouvernement de suspendre pendant cinq ans la chasse au lagopède, aussi appelé perdrix des neiges. La haute juridiction estimait qu’elle n’était pas compatible avec les efforts de conservation de l’espèce.
Pour Monique Barbut, ce nouveau classement doit aussi faciliter les financements, surtout au niveau européen, et permettre d’écrire un vrai plan de protection sur dix ans. Son objectif, a-t-elle dit, est de stabiliser les populations, avec l’espoir d’une remontée, même si cela restera difficile.