Covid-19 en hausse début septembre, ce que montrent déjà les eaux usées

Les relevés des eaux usées signalent une reprise du Covid-19 en France depuis juin. Le signal existe, mais rien n'indique à ce stade une situation alarmante.

Courbe Covid et flacon d'échantillon
Image d'illustration. Le Covid-19 repart début septembre. — ADN

En bref

  • Le Covid-19 remonte en France depuis juin
  • Les eaux usées donnent un signal précoce
  • Aucun indice grave à ce stade

Le Covid-19 repart à la hausse en France en ce début de septembre 2026, d’après la surveillance des eaux usées. Le signal n’a rien d’anecdotique, parce qu’il précède souvent ce que l’on voit ensuite dans la population.

Un indicateur en hausse depuis plusieurs semaines

Les données hebdomadaires de Santé publique France, établies à partir de 54 stations de traitement réparties dans le pays, montrent une concentration du virus en légère augmentation depuis juin. Les niveaux observés se rapprochent désormais de ceux du mois de mars.

Pour Antoine Flahault, épidémiologiste à l’université Paris Cité et professeur honoraire de l’université de Genève, cet outil de suivi compte parmi les plus fiables et les plus précoces pour surveiller l’activité du SARS-CoV-2. Il confirme que la circulation du virus progresse aujourd’hui en France.

Une reprise, mais pas le scénario le plus dur

Ce rebond fait penser à la rentrée 2025. Avec une nuance importante, les niveaux restent pour l’instant plus faibles.

L’année 2026 avait jusque-là été assez épargnée par le Covid-19 en France, bien davantage marquée par une épidémie de grippe très sévère. Et le virus ne suit pas un calendrier strict. Antoine Flahault rappelle qu’il n’est pas saisonnier et qu’il peut repartir en plein été, parfois plusieurs fois dans l’année, lorsqu’un variant plus transmissible contourne en partie l’immunité acquise.

Ce que l’on sait, et ce qu’on ne sait pas encore

À ce stade, Antoine Flahault ne voit « aucune information inquiétante ». Il souligne qu’en Amérique du Nord, où une vague a commencé plus tôt qu’en Europe, la circulation mesurée dans les eaux usées est assez intense sans signal d’engorgement des hôpitaux ni de surmortalité.

Il mentionne aussi des voyageurs revenant d’Amérique avec des syndromes grippaux marqués, mais brefs, sur deux à trois jours. Côté variants, la situation reste floue en France. En Allemagne, ce sont des variants de la famille XFG d’Omicron qui dominent, ce qui laisse envisager une circulation proche de ce côté-ci du Rhin.

Les personnes à risque restent les plus concernées

Pour les jeunes adultes en bonne santé, le message est simple, pas de quoi trop s’inquiéter. Les personnes âgées et fragiles devraient, elles, rester protégées contre les formes graves grâce à leurs vaccinations précédentes.

L’épidémiologiste conseille quand même aux publics à risque de porter des masques FFP2, jugés très efficaces contre la contamination, et de bien ventiler les pièces fermées lorsqu’ils y passent plusieurs heures avec plusieurs personnes. La suite se jouera surtout dans les prochaines semaines, avec un point clé, voir si la hausse dans les eaux usées se traduit, ou non, par davantage de cas visibles.

Jérôme Nelra

Spécialiste Santé

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