En bref
- Une dose unique testée chez 15 patients
- LDL en baisse pendant douze mois
- La phase 1b est déjà en cours
Une seule perfusion, puis un effet qui tient encore un an plus tard. C’est la promesse, encore très préliminaire, du traitement expérimental CTX310, testé chez des patients souffrant de troubles lipidiques qui ne répondaient pas aux médicaments classiques.
Une piste pensée pour durer après une seule perfusion
Le sujet dépasse la simple performance biologique. Un excès de LDL, le « mauvais » cholestérol, favorise l’accumulation de plaques dans les artères et augmente le risque d’infarctus ou d’AVC. D’ordinaire, la prise en charge passe par l’alimentation et les statines, avec une efficacité qui varie selon l’âge, la génétique ou le mode de vie.
Ici, l’idée est différente. Plutôt que de corriger le problème au fil des jours ou des semaines, CTX310 cherche à produire un effet durable après une seule administration. Les 15 participants retenus avaient justement des anomalies des lipides sanguins, cholestérol ou triglycérides, insuffisamment contrôlées par les traitements habituels.
Comment CTX310 cherche à copier une protection naturelle
Le traitement repose sur CRISPR, un outil d’édition génétique. En gros, il s’agit de provoquer une modification ciblée de l’ADN pour imiter un variant naturel déjà observé chez certaines personnes.
Ce variant réduit l’expression d’une protéine fabriquée par le foie, ANGPTL3. Quand cette protéine est moins présente, l’organisme gère mieux les graisses qui circulent dans le sang. CTX310 tente donc de reproduire artificiellement ce mécanisme protecteur dans les cellules du foie, les hépatocytes.
Ce que montre le premier essai chez l’humain après douze mois
L’essai de phase 1a, mené par le Cleveland Clinic Coordinating Center for Clinical Research et publié dans le New England Journal of Medicine, a utilisé une perfusion intraveineuse de nanoparticules transportant les instructions de CRISPR.
Un participant est décédé 179 jours après le traitement, mais les chercheurs estiment que ce décès n’était pas lié à CTX310. Chez les 14 autres, aucun nouvel événement indésirable grave n’a été signalé au bout de douze mois.
Les résultats les plus marqués concernent les quatre patients ayant reçu la dose la plus élevée. Leur niveau d’ANGPTL3 a baissé en moyenne de 78,6 %. Leur cholestérol LDL a reculé de 52,5 %, et les triglycérides de 47,8 %.
Des résultats encourageants, mais encore loin d’une validation
Bon, il faut garder la mesure. L’essai reste minuscule, et les chercheurs soulignent eux-mêmes qu’il faudra suivre davantage de patients, sur plus longtemps, pour savoir si l’approche est réellement viable.
L’édition génétique comporte des risques, même si la cible choisie correspond à des variants naturels non associés à des effets négatifs connus sur la santé. Une phase 1b est déjà en cours, avec une dose fixe correspondant à la plus élevée de la phase 1a, afin d’évaluer l’efficacité dans plusieurs groupes de patients atteints de troubles lipidiques spécifiques. Si la suite confirme ces données, on parlera alors moins d’un simple essai que d’un vrai changement de logique thérapeutique.