En bref
- 271 jours sans dialyse grâce à un rein porcin
- Le patient a ensuite reçu un rein humain
- Le cas éclaire les limites du xénotransplant
271 jours sans dialyse. C’est la durée atteinte par Tim Andrews, un patient américain atteint d’insuffisance rénale terminale, après la greffe d’un rein de porc génétiquement modifié. En janvier 2026, il a ensuite reçu un rein humain, ce qui marque un cas inédit de transition entre xénotransplantation et transplantation classique.
L’équipe de Mass General Brigham, aux États-Unis, décrit cette expérience dans The Lancet. Tim Andrews, âgé de 66 ans au moment de la greffe porcine en janvier 2025, a ainsi battu le plus long délai connu sans dialyse chez un patient vivant ayant reçu un rein porcin modifié.
Un cap inédit pour une greffe venue du porc
Le point le plus marquant tient à la durée, mais pas seulement. Le cas de Tim Andrews est aussi la première transition documentée vers une greffe humaine après un rein porcin chez un receveur vivant.
Le précédent record était bien plus court. En 2024, le premier patient vivant greffé avec un rein porcin au Massachusetts General Hospital avait survécu 52 jours, avant de mourir de causes cardiaques sans lien avec la greffe.
Pourquoi ce cas pèse dans la crise des transplantations
La toile de fond, c’est la pénurie d’organes. Pour les patients en insuffisance rénale terminale, la dialyse permet de tenir, mais elle ne remplace pas les bénéfices d’un rein transplanté.
Le docteur Leonardo Riella, auteur principal de l’étude au sein du Centre de sciences de la transplantation et de la division de néphrologie de Mass General Brigham, rappelle que le manque d’organes humains reste la principale crise du secteur. Son équipe voit dans la xénotransplantation un pont possible pour sortir les patients de la dialyse pendant l’attente, avant, peut-être, d’en faire un traitement à part entière si la sécurité et la tenue dans le temps sont confirmées.
Un rein efficace tout de suite, puis un rejet contrôlé
Le rein porcin a fonctionné immédiatement après la greffe. Tim Andrews avait été opéré dans le cadre d’une demande d’accès élargi validée par la FDA pour un médicament expérimental.
Les médecins ont surveillé plusieurs points, la fonction rénale, le rejet, les anticorps et une éventuelle transmission d’infections porcines à l’humain. Un premier épisode de rejet médié par les lymphocytes T a été traité avec succès. Aucun pathogène porcin n’a été détecté.
Ce qui a fini par faire céder l’organe
Après environ six mois, l’immunosuppression a été réduite à cause d’une infection. C’est là que les limites apparaissent, clairement.
Le greffon a ensuite développé des lésions microvasculaires et une inflammation progressive, jusqu’à l’insuffisance de l’organe. Tim Andrews a alors reçu un rein provenant d’un donneur décédé, avec une fonction immédiate et sans signe de sensibilisation pendant le suivi.
Pour Mass General Brigham, ces résultats montrent à la fois le potentiel du procédé et ce qu’il reste à corriger, notamment sur l’immunosuppression, l’ingénierie génétique des animaux donneurs et le suivi des prochains essais cliniques. C’est là que se jouera la suite.