- La croissance 2026 tombe à 0,5 %
- L’inflation remonte à 2,5 %
- Déficit et dette restent sous pression
Entre le cap affiché par le gouvernement et le diagnostic de la Banque de France, l’écart se creuse. L’institution a nettement abaissé sa prévision pour 2026 et table désormais sur une hausse du PIB de 0,5 %, contre 0,9 % encore attendu en mars. C’est aussi moins que le scénario du FMI, fixé à 0,7 %.
Un scénario plus sombre que celui du gouvernement
Cette révision intervient dans un environnement international jugé particulièrement incertain par la Banque de France. Et ce n’est pas un détail : ses nouvelles prévisions n’intègrent même pas certains événements récents, comme l’annonce d’un possible accord entre les États-Unis et l’Iran.
Du coup, le tableau se noircit. Là où le gouvernement vise toujours 0,9 % de croissance en 2026, la Banque de France apparaît aujourd’hui comme l’acteur le plus pessimiste sur la trajectoire française.
L’activité cale déjà, trimestre après trimestre
Le problème, ce n’est pas seulement 2026 vu de loin. C’est ce qui se passe maintenant. Après un recul inattendu de 0,1 % au premier trimestre, l’institution s’attend à une croissance nulle au deuxième.
Elle explique ce coup de frein par deux facteurs. D’un côté, le prix du pétrole a davantage augmenté que prévu. De l’autre, l’activité a moins bien résisté qu’espéré en début d’année.
Même les indicateurs de terrain confirment ce ralentissement. L’enquête menée par la Banque de France auprès de 8.500 chefs d’entreprise montre un net freinage dans l’industrie, ainsi qu’un recul dans les services et le bâtiment. Une légère amélioration est attendue en juin, mais l’ensemble reste fragile.
L’inflation repart, le pouvoir d’achat reste sous tension
Autre révision marquante, celle des prix. La Banque de France prévoit désormais une inflation de 2,5 % en 2026, contre 1,7 % dans ses projections de mars.
La hausse de l’énergie joue un rôle central, avec des effets indirects sur le reste de l’économie. Pour les ménages, cela veut dire une pression plus forte sur le pouvoir d’achat, alors même que la croissance ralentit.
Le rebond existe sur le papier, mais 2027 seulement
L’institution ne ferme pas totalement la porte à une amélioration. Elle anticipe un rebond à 0,9 % en 2027, puis à 1,2 % en 2028, porté par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises.
Mais ce scénario dépend de plusieurs hypothèses, notamment sur l’évolution des prix de l’énergie. Si la détente tardait, le redémarrage pourrait lui aussi attendre.
Déficit et dette, l’autre sujet qui inquiète
Reste la question budgétaire. Sans mesures d’économies supplémentaires, le déficit pourrait légèrement se dégrader en 2026, à 5,2 % du PIB, après 5,1 % en 2025.
La révision ne concerne pas que la croissance. Elle touche aussi la capacité de l’État à redresser ses comptes, avec une dette qui pourrait atteindre 122 % du PIB en 2028. Et là, on parle d’un signal qui dépasse largement le seul prochain trimestre.