En bref
- Une Américaine quitte son EHPAD pour un paquebot
- Elle paie 1 700 euros par mois
- Le navire vise 147 pays et 425 ports
Vivre sur un paquebot pour sa retraite peut sembler hors sol. Pourtant, dans le cas de Sharon Lane, le calcul est simple, 1 700 euros par mois, avec les repas, le ménage, les soins médicaux et les animations compris. En face, le coût moyen d’un EHPAD dépasse souvent 2 500 euros mensuels en 2025, avec des hausses tarifaires encadrées à 3,21 %.
Un choix de vie qui coûte moins qu’un EHPAD
C’est ce décalage qui rend son histoire notable. À bord de l’Odyssey, Sharon Lane ne paie pas seulement une cabine, elle achète un cadre de vie mobile, avec des services déjà intégrés. Pour des retraités encore autonomes, le modèle change la logique habituelle, on ne choisit plus seulement un lieu de prise en charge, mais une façon d’habiter le temps.
De la vie en institution à un bail de 15 ans en mer
Avant cela, Sharon Lane a passé deux ans dans une maison de retraite en Californie. Elle dit ne jamais s’y être sentie chez elle, entre routine, murs et manque d’ouverture. À l’automne 2024, elle découvre l’existence de l’Odyssey, un paquebot résidentiel pensé pour des croisières très longues.
Elle signe alors un bail de 15 ans, y consacre toutes ses économies et embarque en juin 2025 depuis San Diego. Depuis, ses journées se passent sur le pont, à lire, discuter ou regarder l’horizon. Même quand la météo se gâte, elle sort quand même.
L’Odyssey, un village flottant pensé pour durer
L’Odyssey peut accueillir jusqu’à 500 résidents. La plupart viennent des États-Unis, du Canada ou d’Australie. Le navire, rénové pour cet usage, propose des cabines privatives, des espaces partagés, des services médicaux à bord et la possibilité de sous-louer sa cabine pendant certaines escales.
Le point clé est là. Ce paquebot fonctionne comme un village flottant, avec de la vie sociale, des échanges entre générations et une activité quotidienne qui tranche avec l’isolement souvent associé aux structures plus classiques.
Une formule encore marginale, mais en progression
L’autre différence, c’est l’itinéraire. L’Odyssey n’annonce pas un parcours figé. Le programme prévoit 425 ports dans 147 pays, avec des escales de deux à sept jours selon les destinations. Cette souplesse permet d’avancer au fil des saisons et d’éviter les climats extrêmes.
Ce choix personnel s’inscrit aussi dans un mouvement plus large. En 2025, des acteurs comme Villa Vie, Princess Cruises ou Life at Sea misent, eux aussi, sur des formules résidentielles en mer. Le marché reste atypique, mais il dessine déjà une alternative, à mi-chemin entre habitat, tourisme et autonomie. Pour les seniors qui refusent l’immobilité, ce n’est plus seulement un fantasme de voyage, c’est une option concrète.