En bref
- Déficit commercial à 6,9 milliards d’euros en mai
- Les exportations reculent, les importations progressent légèrement
- Le matériel militaire pèse lourd dans la baisse
En un mois, le trou s’est rouvert. Après une embellie en avril, le déficit commercial de la France est remonté à 6,9 milliards d’euros en mai, d’après les chiffres publiés par les douanes. Cela représente une dégradation de 1,5 milliard d’euros.
Le mouvement est assez net. Les exportations ont diminué, pendant que les importations ont légèrement progressé. Vu de loin, on retrouve un commerce extérieur très sensible à quelques gros postes, capables de changer la photo d’un mois à l’autre.
Le répit d’avril n’aura pas duré
En avril, le déficit s’était réduit à 5,4 milliards d’euros. Cette amélioration tenait à une forte hausse des exportations et à une baisse des achats d’énergie venus du Proche et Moyen-Orient.
Mai raconte autre chose. Les ventes françaises à l’étranger sont revenues à 53,6 milliards d’euros, soit 1,1 milliard de moins sur un mois. Dans le même temps, les importations ont atteint 60,5 milliards d’euros, en hausse de 0,4 milliard.
Des ventes françaises freinées par un poste très volatil
Le recul des exportations s’explique d’abord par une baisse des ventes de matériel militaire, à hauteur de 0,8 milliard d’euros. Ce n’est pas un détail. Avril avait été particulièrement dynamique sur ce segment, ce qui rend le retour en arrière d’autant plus visible.
Autre frein, les exportations d’équipements mécaniques, électroniques et informatiques ont, elles aussi, marqué le pas, avec 0,6 milliard d’euros de moins. Quand ces familles de produits décrochent en même temps, l’effet sur le total se voit tout de suite.
L’aéronautique limite la casse
Tout n’est pas allé dans le rouge. Les livraisons de matériel de transport ont progressé de 0,2 milliard d’euros en mai.
Dans ce bloc, l’industrie aéronautique et spatiale a fait mieux, avec une hausse de 0,5 milliard d’euros. Bon, cela ne suffit pas à compenser le reste, mais ce soutien évite un tableau encore plus dégradé.
Côté importations, l’automobile monte, l’énergie recule
Sur les achats de la France à l’étranger, la hausse provient surtout des matériels de transport, notamment des produits de l’industrie automobile. Plus de pièces et de produits liés à l’auto, donc.
À l’inverse, les importations de produits énergétiques ont baissé de 0,4 milliard d’euros. Et après leur forte chute en avril, les importations en provenance du Proche et Moyen-Orient sont reparties légèrement à la hausse, de 0,1 milliard d’euros, relèvent les douanes.
Ce va-et-vient dit quelque chose de simple : un mois meilleur ne suffit pas à installer une tendance. Pour les prochains chiffres, il faudra regarder si le reflux des exportations n’était qu’un creux passager, ou le début d’un décrochage plus durable.