En bref
- Delphine Batho saisit la Répression des fraudes
- Lidl conteste toute publicité trompeuse
- Des cohues ont éclaté dans plusieurs magasins
Jeudi matin, la vente nationale de 200000 climatiseurs chez Lidl a provoqué des ruées dans plusieurs magasins en France, au point d’exiger parfois l’intervention des forces de l’ordre. Avec une nouvelle canicule en vue, l’opération a vite dépassé le simple cadre commercial.
Une vente massive qui a dégénéré
Les scènes de tension n’ont pas concerné tout le réseau, mais elles ont marqué les esprits. La direction de Lidl parle d’une trentaine de supermarchés touchés, sur plus de 1500 points de vente dans le pays.
Le volume, lui, était considérable, avec 200000 appareils mis en vente à l’échelle nationale, ainsi que des ventilateurs. Résultat, des bousculades à l’aube dans certains magasins, alors que les fortes chaleurs renforcent la demande sur ce type d’équipement.
La plainte politique vise le prix et la présentation
Vendredi 3 juillet 2026, Delphine Batho, députée Génération Écologie, a annoncé un signalement auprès de la Répression des fraudes. Elle accuse Lidl d’avoir organisé intentionnellement ces tensions autour de la vente.
Son grief principal porte sur un climatiseur mobile affiché à 179 euros. L’élue estime que l’enseigne l’a présenté comme une promotion alors que, selon elle, ce même produit avait déjà été vendu moins cher auparavant.
Lidl nie toute mise en scène commerciale
De son côté, Lidl rejette l’accusation de publicité mensongère. L’enseigne affirme que les équipements étaient vendus à leur prix habituel et assure n’avoir mené aucune campagne de publicité payante ni communication spéciale autour de cette opération, en dehors de son catalogue.
Dans ce catalogue, le climatiseur était pourtant présenté avec une remise de 20 %. C’est l’un des points qui nourrissent la contestation.
Autre sujet, une publication sur les réseaux sociaux. Lidl avait répondu à un internaute, qui annonçait que la vente allait se terminer en bagarre, avec une image de Game of Thrones montrant une scène de bataille. La publication a depuis été retirée, l’enseigne expliquant l’avoir supprimée dès qu’elle a constaté qu’elle pouvait être mal interprétée.
La sécurité des salariés au centre des critiques
Au-delà du prix, l’affaire porte aussi sur l’organisation en magasin. Dans un communiqué, le président de Lidl France, John Paul Scally, a appelé « à la responsabilité de chacun, au civisme et au respect mutuel », en refusant que des comportements individuels mettent en cause la sécurité des équipes.
Mais les syndicats de l’entreprise dénoncent, eux, un manque d’anticipation. Ils estiment que ces ventes ont exposé les salariés à des situations dangereuses, en pleine période de températures extrêmes. C’est là que le dossier change de nature, entre affichage commercial, gestion de foule et conditions de travail.