Arthrose du genou : une piste sans chirurgie réduit la douleur

Une technique mini-invasive testée pendant un an a fait reculer la douleur au genou liée à l’arthrose. Les résultats sont nets, avec encore des limites.

Mains apaisantes massant un genou montrant tension
Image d'illustration. Gros plan sur les mains massant un genou — ADN

En bref

  • Douleur divisée par deux en un an
  • 194 patients suivis sans effets notables
  • Essai prometteur, mais encore incomplet

Il y a un angle mort dans la prise en charge de l’arthrose du genou. Quand les injections, la kinésithérapie et les anti-inflammatoires ne suffisent plus, la prothèse n’est pas toujours possible, ni souhaitée. C’est dans cet espace, très concret pour les patients, qu’une équipe de Charité – Universitätsmedizin Berlin, en Allemagne, avance une option de plus.

Entre les injections et la prothèse, une option de plus

L’étude a porté sur des personnes dont la douleur au genou liée à l’arthrose résistait déjà aux traitements habituels. Les 194 participants, âgés en moyenne de 69 ans, avaient déjà essayé la physiothérapie, les médicaments anti-inflammatoires ou encore des injections dans l’articulation.

Pour Florian Nima Fleckenstein, radiologue à Charité – Universitätsmedizin Berlin, il existe aujourd’hui un vrai manque entre les mesures conservatrices et le remplacement articulaire. Il estime que, pour le bon patient, cette procédure mini-invasive peut apporter un soulagement durable après une seule intervention.

Comment la technique agit sur la douleur

La procédure s’appelle embolisation des artères géniculées, ou GAE. L’idée est de bloquer des vaisseaux sanguins anormaux apparus autour de l’articulation, ainsi que l’environnement nerveux associé à la douleur. En réduisant ce circuit inflammatoire, la douleur baisse et la fonction du genou peut remonter.

La technique n’est pas totalement nouvelle. Ce qui change ici, c’est le matériau utilisé. Au lieu d’agents de blocage à base d’antibiotiques, qui peuvent entretenir l’inflammation et poser la question de la résistance bactérienne, l’équipe a utilisé de petites microsphères résorbables en gel. Elles sont injectées dans le genou, sans préparation lourde ni hospitalisation prolongée, puis se dissolvent en quelques heures.

Selon Florian Nima Fleckenstein, « en embolisant les vaisseaux pathologiques, nous pouvons normaliser la structure des vaisseaux, et, à son tour, la structure neuronale du genou ».

Des résultats marqués, mais encore à confirmer

Les chiffres retiennent l’attention. Au départ, l’intensité moyenne de la douleur était de 7 sur 10. Après 12 mois, elle était tombée à 3 sur 10. Les scores liés aux activités quotidiennes, au sport, aux loisirs, aux symptômes de l’arthrose et à la qualité de vie se sont aussi améliorés de façon nette.

Autre point important, aucun effet secondaire notable n’a été signalé pendant le suivi. Pour une procédure peu invasive, c’est un signal plutôt solide.

Mais il reste des limites. L’essai était observationnel, sans groupe de contrôle, et tous les patients venaient du même hôpital. Le résultat est donc encourageant, pas définitif. La suite logique, ce sont des essais plus larges, plus longs et randomisés, pour comparer cette approche à un placebo ou à un autre traitement.

Les travaux ont été publiés dans la revue Radiology. Si ces résultats se confirment, on tient peut-être une réponse plus crédible à un problème massif et souvent mal comblé entre la simple injection et la chirurgie lourde.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Arthrose Douleur Traitement

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.