Carburants : les routiers menacent de bloquer

Exclus du dispositif pour les grands rouleurs, les transporteurs routiers dénoncent une injustice et envisagent des actions dès la semaine prochaine.

Pistolet diesel dans le réservoir d’un camion
Image d'illustration. Les routiers contestent les aides au carburant. — ADN

En bref

  • Les routiers restent exclus des aides carburant
  • L’OTRE consulte ses adhérents pour agir
  • Le secteur brandit le risque de blocages

Le gouvernement a prolongé et élargi l’aide aux grands rouleurs, mais les entreprises du transport routier n’en bénéficieront toujours pas. Cette exclusion a provoqué une réaction immédiate des organisations professionnelles, qui évoquent déjà de possibles actions la semaine prochaine.

Mardi 22 septembre 2026, l’exécutif a présenté ce nouveau volet pour répondre à la flambée des prix des carburants. Cette hausse, liée aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, touche déjà plusieurs professions. Les routiers, eux, estiment être laissés de côté alors que leur activité dépend directement du carburant.

Le nouveau dispositif rallume la colère

Pour l’Organisation des transporteurs routiers européens, le choix du gouvernement crée une différence de traitement injuste. Son délégué général, Jean-Marc Rivera, a dénoncé mercredi 23 septembre 2026 une situation « profondément injuste et désormais intolérable ».

L’organisation affirme que les entreprises du secteur sont exclues une nouvelle fois, sans justification objective. Elle souligne que cette décision frappe d’abord les TPE et les PME, déjà fragilisées par la hausse des coûts d’exploitation.

Les syndicats préparent le rapport de force

Jean-Marc Rivera a annoncé sur franceinfo le lancement d’une consultation auprès des adhérents de l’OTRE. Objectif, préparer de potentielles actions dès la semaine prochaine.

Même tonalité du côté de la Fédération nationale des transporteurs routiers. Sur France Inter, Jean-Claude Barcos, président de la section Occitanie-Pyrénées, a estimé que cette décision revenait presque à « nous pousser à descendre dans la rue ».

Un secteur qui dit ne pas pouvoir absorber le choc

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, justifie cette exclusion par la capacité supposée des transporteurs à répercuter la hausse du carburant sur leurs factures. C’est le point de rupture.

Les syndicats contestent frontalement cet argument. Selon eux, les entreprises ne peuvent ni réduire brutalement leurs déplacements, ni faire payer l’intégralité des surcoûts à leurs clients. Jean-Claude Barcos l’a résumé ainsi: « Il ne faut pas s’imaginer que les clients, systématiquement, payent ».

Le responsable régional de la FNTR a aussi accusé les décideurs de mal connaître la réalité des négociations commerciales et redoute, dans les prochaines semaines, une hécatombe d’entreprises dans la profession.

Le précédent du mois de mars dans toutes les têtes

Ce n’est pas une menace théorique. En mars, au début de la crise actuelle sur les carburants, les transporteurs routiers s’étaient déjà mobilisés.

Le mouvement avait entraîné des blocages, des barrages filtrants et des opérations escargots sur les routes. Si la consultation en cours débouche sur une action, c’est ce précédent qui sert de référence, avec un risque de nouvelles perturbations visibles très vite.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Carburant Grève Prime et Aides

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.