Canicule, Covid : Été 2022 en France, une surmortalité de 17%
Avec plus de 10 000 morts, cet excès de décès constitue "le plus important depuis 2003", année de la canicule la plus meurtrière.
Lundi, Santé publique France (SpF) a dans un bulletin fait le bilan des différents épisodes caniculaires survenus l’été dernier.
Ainsi entre le 1er juin et le 15 septembre, l’autorité de santé a dénombré 10 420 décès en excès, toutes causes confondues, et relevé un surmortalité relative plus importante dans les départements placés en vigilance rouge (+19,9%).
69 départements ont été concernés par au moins un jour de canicule, deux épisodes de vigilance rouge et des températures au-delà de 40 °C dans des régions jusqu’ici épargnées.
SpF rappelle que « La chaleur peut avoir un impact sanitaire, y compris en dehors des périodes de canicule, définies lorsque les moyennes sur trois jours des températures minimales et maximales dépassent les seuils d’alerte minimum et maximum du département ».
Surmortalité : les chiffres en détails
Dans le détail, et à l’issue des trois épisodes de canicules estivaux, l’organisme dénombre 2 816 morts supplémentaires, quelle que soit la cause, dans les départements ayant connu un dépassement des seuils d’alerte. Il s’agit d’une augmentation de 16,7% du nombre de décès qui était « prévu », sur la base d’une estimation des 5 années précédentes. Une augmentation qui a même atteint +19,9% dans les département qui étaient en vigilance rouge.
Deux tiers de cette surmortalité sont concentrés dans quatre régions :
- Auvergne-Rhône-Alpes (+ 473 décès),
- Nouvelle-Aquitaine (+ 436 décès),
- Occitanie (+ 509 décès)
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 316 décès).
Le rôle du Covid
Au-delà des seuls épisodes de canicules, faisant de ce bilan le plus important depuis 2003 (et 15 000 morts), on peut noter le rôle du Covid.
Sur ce total de 10 420 morts en excès, 5 735 dus au Covid-19 ont été recensés à l’hôpital et dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Pour Guillaume Boulanger, en charge de l’unité qualité des milieux de vie et du travail et santé des populations à SpF, « Ces décès ne peuvent pas être soustraits de la surmortalité observée pendant les canicules (…) Le Covid-19 a pu augmenter la vulnérabilité à la chaleur pour certaines personnes, et l’exposition à chaleur a pu aggraver l’état de certains malades atteints par du Covid-19″.
Depuis 2015, un risque grandissant
Le spécialiste ajoute que depuis 2004, on observe à cause du bouleversement climatique « une intensification de l’exposition de la population française aux fortes chaleurs et aux canicules depuis 2015 ».
Du côté des catégories de population touchées, les 75 ans et plus furent les plus touchés à l’occasion des trois épisodes canicules avec un décès en excès sur six (2 272 décès en excès, soit une hausse de 20,2 %). décès liés au Covid-19 ont aussi été recensés, en grande partie pour des Français de 70 ans et plus.