Café et cœur, la limite quotidienne à ne pas dépasser sans risque

Jusqu’à 3 à 5 tasses par jour, le café est jugé sûr pour la plupart des adultes. Mais la préparation, les ajouts et la dose comptent beaucoup.

Image d'une tasse de café noir fumant posée sur une table en bois.
Image d'illustration. Tasse de café fumante sur une table en bois — ADN

En bref

  • 3 à 5 tasses restent la zone sûre
  • Le café noir filtré est le mieux évalué
  • Les boissons énergisantes inquiètent davantage

Combien de cafés par jour sans se mettre en risque ? Le repère avancé par les données récentes est assez clair : jusqu’à 400 mg de caféine, soit environ 3 à 5 tasses par jour, la consommation est jugée sans danger pour la majorité des adultes.

Le repère qui change la lecture

Pendant des années, le café a traîné une réputation compliquée du côté du cœur. Les travaux compilés par l’Association américaine de cardiologie racontent quelque chose de plus nuancé. Une consommation modérée n’est pas seulement compatible avec une bonne santé pour beaucoup d’adultes, elle est aussi associée à un risque plus faible de certaines maladies cardiovasculaires.

On parle ici de l’insuffisance cardiaque, des AVC et des maladies coronariennes, c’est-à-dire des troubles qui surviennent quand l’apport sanguin vers le muscle cardiaque est réduit ou interrompu. L’une des pistes avancées repose sur la présence naturelle de composés antioxydants et anti-inflammatoires dans le café.

Le café n’agit pas pareil selon ce qu’on boit

Tout le café ne se vaut pas. Les effets favorables observés concernent surtout le café noir, sans sucre ajouté et sans arôme artificiel.

Dès qu’on charge la tasse, une partie du bénéfice peut s’effacer. C’est un point assez banal en apparence, mais il change la lecture pratique de ces résultats : ce n’est pas seulement la caféine qui compte, c’est aussi ce qu’on met autour.

Filtré ou non, la préparation compte aussi

Autre détail qui pèse, la façon de préparer le café. Le café non filtré, comme le café turc ou le café à piston, contient du caféstol, une substance susceptible d’augmenter le mauvais cholestérol.

Le café filtré, lui, en contient beaucoup moins. Pour le lecteur, la différence est simple à retenir : à quantité équivalente, la méthode de préparation peut déplacer le bilan.

Au-delà d’un seuil, les effets changent

Mais les bénéfices ne montent pas indéfiniment. Au-delà de 4 à 5 tasses par jour, ils semblent diminuer, avec des risques qui peuvent apparaître, notamment une hausse de la pression artérielle ou des troubles du rythme cardiaque.

Les boissons énergisantes inquiètent davantage. L’Association américaine de cardiologie souligne qu’elles sont très concentrées en caféine et qu’elles contiennent souvent d’autres ingrédients ajoutés, capables d’accélérer l’absorption de la caféine et d’augmenter la pression artérielle, avec un risque cardiovasculaire plus élevé à la clé.

Une règle qui ne vaut pas pour tout le monde

Reste une limite importante. La caféine n’agit pas de la même manière chez chacun.

L’âge, la génétique, l’état de santé ou la prise de médicaments modifient sa métabolisation. Certaines personnes peuvent ressentir des palpitations, de l’anxiété ou des troubles du sommeil, même à faible dose. Ce qui compte, au fond, c’est moins une règle universelle qu’une zone de tolérance, et c’est souvent là que se joue la vraie question de santé publique.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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