En bref
- La démence progresse, mais une part serait évitable
- Le régime MIND cible spécifiquement la santé cérébrale
- Tension artérielle et alimentation sont étroitement liées
Près d’un cas de démence sur deux pourrait être lié à des facteurs sur lesquels on peut agir. C’est le point qui ressort des travaux cités par Walter Willett, professeur d’épidémiologie et de nutrition à Harvard University. Autrement dit, l’assiette n’efface pas le risque, mais elle peut le déplacer, parfois de plusieurs années.
Une part importante du risque ne serait pas figée
Le sujet pèse lourd. Aux États-Unis, la maladie d’Alzheimer, forme la plus fréquente de démence, toucherait 7,4 millions de personnes. Au Royaume-Uni, la démence est présentée comme la première cause de décès, avec plus d’un décès sur dix chaque année.
Et la courbe continue de monter. Un rapport 2024 de la Lancet Commission estime que 45 % des cas de démence seraient attribuables à des facteurs de risque modifiables, donc potentiellement évitables avec d’autres habitudes quotidiennes.
Walter Willett va même plus loin. Selon lui, certaines études suggèrent que le mode de vie, avec l’alimentation en tête, pourrait prévenir environ la moitié des cas. Il ajoute, dans une formule assez nette, « Je pense que c’est probablement une sous-estimation ».
Le régime MIND, pensé pour le cerveau
Parmi les nombreux régimes censés améliorer la santé, un seul est présenté ici comme ayant été conçu spécifiquement pour le cerveau. Son nom, MIND, vient de Mediterranean-Dietary Approaches to Stop Hypertension.
En gros, ce régime assemble deux modèles alimentaires déjà bien étudiés, le régime méditerranéen et le régime DASH. L’idée n’est pas de promettre une protection totale contre le déclin cognitif. Walter Willett dit plutôt qu’on peut influencer fortement ce risque et le repousser de quelques années grâce à l’alimentation.
Pourquoi il reprend deux modèles déjà bien connus
Le socle commun est assez clair. Ces deux approches mettent l’accent sur des aliments végétaux peu transformés, comme les légumes, les céréales complètes, les fruits, les légumineuses, les noix et les graines. À l’inverse, les produits très transformés, les graisses saturées et la viande rouge sont limités.
Le régime méditerranéen garde une couleur plus marquée avec l’huile d’olive et le poisson. Il est associé à une alimentation anti-inflammatoire et à un meilleur contrôle du poids, deux éléments jugés centraux pour réduire le risque de démence.
Le régime DASH, lui, fait davantage de place aux produits laitiers maigres et serre nettement la vis sur le sel et le sucre. Ce n’est pas un détail. L’hypertension est fortement liée au risque de démence, rappelle Walter Willett, et l’alimentation a un effet important sur la pression artérielle.
Le régime MIND reprend donc cette base, avec quelques ajustements orientés vers la santé cérébrale. Ce qu’on voit se dessiner, quand même, c’est une idée simple : la prévention de la démence se joue aussi très tôt, bien avant les premiers symptômes.