Amélie de Montchalin défend des alternatives à la suppression des jours fériés

Vue latérale d un clavier d ordinateur avec mains tapant
Image d'illustration. Travail, ordinateur. — ADN

Amélie de Montchalin s’est exprimée sur le débat autour des jours fériés, affirmant qu’il existe des alternatives à leur suppression. La ministre encourage ainsi à explorer d’autres solutions pour répondre aux enjeux liés au temps de travail.

Tl;dr

  • Pas de suppression actée des jours fériés.
  • Répartition élargie des cotisations sociales proposée.
  • Nouvelles options fiscales pour les plus aisés étudiées.

Un débat relancé sur les jours fériés

Mercredi, la question de la suppression de deux jours fériés a ressurgi dans le débat public, après que le Premier ministre François Bayrou s’est déclaré « ouvert » à cette éventualité sur le plateau de BFMTV. Mais du côté du gouvernement, la prudence prévaut. Invitée sur Radio France Info, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a tenu à marquer ses distances avec une telle mesure impopulaire. À ses yeux, la suppression des jours fériés n’est qu’une piste parmi d’autres pour encourager à produire plus en France et financer durablement le modèle social.

Cotisations sociales : vers une nouvelle répartition ?

Plutôt que d’alourdir la charge pesant sur les actifs, la ministre souhaite ouvrir le champ des possibles. « Dans un pays où on est 70 millions, on ne peut pas dire aux 30 millions d’actifs « vous payez pour tout le monde » », fait-elle valoir. Pour Amélie de Montchalin, il est donc temps d’imaginer une répartition élargie des cotisations sociales. L’idée serait que ces contributions ne reposent plus uniquement sur les salaires ou les entreprises. D’autres formes de richesses pourraient être mises à contribution : le capital, l’épargne, l’héritage ou encore la consommation.

Voici quelques pistes évoquées pour mieux répartir l’effort collectif :

  • Diminution des charges sur les fiches de paie, afin d’augmenter directement le pouvoir d’achat.
  • Mise à contribution du foncier et du capital.
  • Pistes alternatives à une hausse de TVA.

S’attaquer aussi à l’optimisation fiscale ?

Le sujet sensible de la taxation des plus fortunés n’a pas été éludé. Selon la ministre, plusieurs options sont actuellement étudiées pour garantir que « ceux-ci paient l’impôt que tous les Français paient ». Parmi elles figure un contrôle accru sur certaines holdings qui permettent parfois de contourner l’impôt.

Bref, la recherche d’un équilibre difficile

Reste que ce chantier délicat vise avant tout un objectif affiché : trouver les ressources nécessaires au financement des services publics sans fragiliser ni l’emploi ni le pouvoir d’achat. Si rien n’est tranché quant aux jours fériés ou à une éventuelle hausse de TVA – « Ça peut être, mais ce n’est pas obligé », tempère la ministre – il semble clair qu’une réforme profonde de notre système contributif se dessine en coulisses. Les prochaines semaines pourraient apporter leur lot d’annonces et, pourquoi pas, ranimer un débat aussi technique qu’explosif.