L’État critiqué pour ses manquements à la suite des récentes vagues de licenciements

Image d'illustration. Carton déménagement, démissionADN
À la suite des récentes vagues de licenciements qui ont touché plusieurs secteurs, la gestion de la situation par les autorités suscite de vives critiques. Plusieurs observateurs dénoncent des faiblesses dans la réponse apportée par l’État.
Tl;dr
- Rapport pointe les « défaillances » des pouvoirs publics.
- Hausse préoccupante des plans de sauvegarde de l’emploi.
- 52 recommandations pour mieux protéger salariés et territoires.
Un rapport accablant sur la gestion des licenciements
Après plusieurs mois d’auditions marquées par la convocation de grands dirigeants et de membres du gouvernement, la commission d’enquête parlementaire s’est prononcée : le rôle des pouvoirs publics dans la gestion des récents plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), portés par des groupes tels que ArcelorMittal, Auchan ou encore Michelin, apparaît largement déficient. Ce diagnostic, rendu public à l’Assemblée nationale, s’appuie sur un constat limpide : l’État perd progressivement sa capacité à influer sur les stratégies des grandes entreprises, même lorsque ces dernières bénéficient massivement de fonds publics.
L’inaction dénoncée dans les bassins d’emplois fragilisés
Au fil des pages, le rapport déplore une forme de « recul progressif » des moyens d’action étatiques, qui n’a fait qu’alimenter un profond sentiment d’abandon au sein des territoires touchés. Les députés n’hésitent pas à écrire : « La responsabilité de l’État ne peut être éludée. Trop souvent, son inaction, son silence ou ses réponses diluées ont renforcé le sentiment d’abandon dans les bassins d’emplois. » Et c’est bien là tout le cœur du problème. Car si les PSE ne représentent qu’une part relativement limitée des ruptures de contrat en France, leur progression inquiète tant elle touche désormais aussi bien l’industrie, la grande distribution que la banque.
Des mesures attendues pour enrayer la spirale
Face à cette situation jugée alarmante, les parlementaires avancent une batterie de 52 propositions destinées à limiter la casse sociale et économique. Parmi elles :
- Systématiser la conditionnalité des aides publiques au maintien ou à la création d’emplois sous peine de restitution.
- Mieux encadrer les dispositifs alternatifs comme les ruptures conventionnelles collectives.
- Soutenir davantage les reprises par les salariés via les Scop.
Le rapport recommande également un contrôle accru du motif économique du licenciement et évoque même, sans détour, une possible nationalisation temporaire de sites stratégiques en ultime recours.
Vers une redéfinition du rôle de l’État actionnaire ?
Autre levier mis en avant par la commission : renforcer sérieusement le pouvoir des représentants du personnel, encore trop souvent confrontés au fait accompli. Quant au rôle de l’État actionnaire, il est invité à reprendre sa place dans l’accompagnement et l’orientation stratégique afin de prévenir plutôt que subir ces vagues successives de restructurations.
Reste maintenant à savoir si ce rapport — fruit d’un travail intense mené notamment par Benjamin Lucas et Denis Masséglia — saura trouver écho auprès du gouvernement. Un signal attendu par nombre d’acteurs économiques et sociaux pour éviter que ces « défaillances » pointées ne deviennent la norme.