Lundi, des membres de CRS Alpes ont descendu d’un sommet du massif des Écrins, les restes d’un corps qui a sans doute appartenu à un jeune alpiniste parti seul il y a 43 ans. Deux militaires avaient auparavant été déposés par hélicoptère à « environ 3.000 mètres d’altitude et ont ramené des lambeaux de vêtements et des restes humains ». Des chutes de pierre ont écourté l’intervention, le secteur devenant « très engagé ».
L’abnégation de la famille
À la fin du mois dernier, la famille qui d’après le major Laurent Soullier, commandant la CRS Alpes, « se présentait régulièrement » aux secouristes, avait signalé une « tache orange » sur le glacier Long de l’Ailefroide, situé entre Isère et Hautes-Alpes. Avant d’ajouter: « Il faut encore attendre le résultat des tests ADN mais il pourrait bien s’agir de Jean-François Benedetti, disparu le 25 juillet 1976. Ses parents sont décédés mais son frère et des amis poursuivaient les investigations ».
« Ailefroide, Altitude 3.954 »
Le destin tragique du jeune alpiniste avait été dépeint en 2018 dans Ailefroide, Altitude 3.954, une bande dessinée de Jean-Marc Rochette, lui-même alpiniste. À la mère de Jean-François Benedetti, qu’il avait rencontrée à cette occasion, il avait déclaré que « le glacier ne le lui rendrait pas avant 50 ans ». Sa fonte l’aura fait mentir, mais il avait vu presque juste.