À quoi ressemblera, minute par minute, l’impressionnant retour sur Terre d’Artemis 2 à 37 000 km/h ?

Image d'illustration. Vue Époustouflante de la terreADN
À près de 37 000 kilomètres par heure, la capsule d’Artemis 2 rentrera dans l’atmosphère terrestre, générant une spectaculaire boule de feu et provoquant un black-out radio temporaire. Retour sur les grandes étapes de cette descente à haut risque.
Tl;dr
- Retour spectaculaire d’Orion après survol lunaire.
- Entrée atmosphérique à 37 000 km/h, black-out radio.
- Amerrissage sécurisé, équipage médicalisé.
Un retour spatial à haut risque pour la mission Artemis 2
Au terme d’un périple de plus de 700 000 km autour de la Lune, la capsule Orion, avec ses quatre astronautes à bord, s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire spatiale.
Lancée depuis la Floride le 1er avril 2026, cette étape du programme Artemis, décisive avant un atterrissage lunaire prévu en 2028, vise surtout à tester grandeur nature le retour des humains vers notre satellite… et leur sécurité sur le trajet du retour.
L’épreuve majeure : la traversée de l’atmosphère terrestre
Le moment le plus délicat survient ce vendredi soir : alors qu’Orion fonce vers la Terre à près de 37 000 km/h – soit Mach 30 –, l’engin pénètre l’atmosphère à environ 120 kilomètres d’altitude. La friction atteint alors des sommets : la surface extérieure frôle les 3 000 °C. Heureusement, le bouclier thermique conçu pour se consumer assure la protection des astronautes américains Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et du Canadien Jeremy Hansen. Sous cette « pluie de feu », l’air comprimé se transforme en plasma incandescent, provoquant un phénomène inévitable : le black-out radio.
Durant sept minutes, plus aucun contact n’est possible entre la capsule et les équipes au sol. Un silence lourd, que seuls rompront les premiers signaux retrouvés après ce passage critique. C’est aussi pendant cette phase qu’Orion, grâce à sa forme asymétrique et ses propulseurs, effectue une manœuvre dite « rebond » sur l’atmosphère — une technique comparable au ricochet d’une pierre sur l’eau — pour réduire stress thermique et accélérations extrêmes (les fameux « G »).
L’amerrissage : entre précision technique et prudence extrême
Une fois sorti du black-out, tout s’enchaîne très vite. L’ouverture progressive des petits puis des grands parachutes ralentit considérablement la chute : il faut passer de plusieurs milliers à quelques dizaines de km/h pour que l’impact avec l’océan Pacifique demeure maîtrisé. Les images diffusées montrent souvent les équipes d’intervention prêtes dès les premières secondes : elles doivent sécuriser la capsule flottante, vérifier toute absence de fuite ou de gaz dangereux et stabiliser la cabine avec une bouée spéciale.
Avant d’ouvrir le sas, chaque détail est vérifié : état physique des astronautes soumis aux changements brutaux de gravité et au séjour prolongé en apesanteur ; étanchéité parfaite. L’équipage sera extrait un par un, parfois aidé par les plongeurs présents autour. Pour éviter tout incident lors du transfert — mer agitée oblige — ils seront hélitreuillés jusqu’au navire médicalisé le plus proche.
Bilan et perspectives : un pas décisif avant Artemis 3
L’ensemble du processus ne tolère aucune improvisation. Des contrôles minutieux jusqu’à la récupération scientifique des équipements – parachutes inclus – chaque opération vise à préparer sereinement la prochaine étape : retourner se poser sur la Lune. Ce succès collectif marque sans doute une nouvelle avancée pour le programme américain… En attendant Mars ?
Pour l’heure, ces quatre voyageurs reviendront sur Terre, porteurs d’un savoir précieux – et peut-être encore émerveillés par ce coucher de Terre aperçu depuis l’espace.