Voitures plus grosses, villes plus serrées: l’alerte monte pour les piétons en Europe

Une étude de Transport & Environnement montre que les voitures neuves grossissent en Europe. Stationnement, sécurité et énergie, les effets s’accumulent.

Avant de SUV au bord du marquage
Image d'illustration. La taille des autos pèse sur l’espace. — ADN
  • Les voitures neuves grossissent chaque année en Europe
  • Moins de places, plus de risques pour piétons
  • L’ONG Transport et Environnement réclame des limites

En ville, la voiture prend plus de place qu’avant. Et selon une étude publiée mercredi 24 juin 2026 par Transport et Environnement, cette évolution pourrait coûter cher aux espaces de stationnement, mais aussi à la sécurité des usagers les plus exposés.

Des places qui disparaissent à mesure que les voitures grandissent

Si la tendance actuelle continue jusqu’en 2040, les grandes villes perdraient entre 8,5 % et 14 % de leurs places de stationnement, par rapport à un scénario dans lequel la taille moyenne des voitures reviendrait à celle de 2015, estime Transport et Environnement.

Les ordres de grandeur sont déjà posés. Le Grand Londres ou la métropole de Berlin pourraient perdre de 71 000 à 118 000 places. À Rome, l’estimation va de 58 000 à 95 000. Madrid se situerait entre 34 000 et 40 000, et Paris intra-muros entre 7 000 et 12 000 places. L’ONG précise quand même que ces chiffres dépendent aussi de l’aménagement des emplacements, en ligne ou en épi par exemple.

Une hausse continue depuis vingt-cinq ans

Le constat de départ est simple. Depuis vingt-cinq ans, les voitures vendues en Europe deviennent plus longues, plus larges et plus hautes, sous l’effet de la multiplication des gros modèles proposés par les constructeurs, notamment les SUV.

D’après l’étude, la longueur moyenne a progressé de 1,2 cm par an depuis 2000. Elle est passée de 4,09 m à 4,38 m en 2025. Sur la même période, la largeur moyenne est montée de 169 cm à 182 cm, tandis que la hauteur entre le sol et le capot est passée de 77 cm à 84 cm. La hausse annuelle pour la largeur et la hauteur est évaluée à 0,5 cm.

Piétons, cyclistes, énergie: le coût dépasse la seule question de l’espace

L’étude ne s’arrête pas aux dimensions. Elle avance aussi qu’entre 2026 et 2040, le nombre de décès parmi les usagers vulnérables de la rue, notamment les piétons et les cyclistes, augmenterait de 2 600 au total si cette évolution se prolonge. Le texte évoque aussi un risque plus élevé pour les enfants selon la hauteur du capot lors d’un choc.

Autre effet relevé, la consommation de ressources. Il faudrait 22,5 térawatts-heure par an supplémentaires pour les voitures électriques, et 100 millions de barils de pétrole en plus pour les modèles thermiques.

Transport et Environnement défend à l’inverse un scénario de « juste taille », avec un retour d’ici 2040 aux dimensions moyennes de 2015, soit 4,2 m de long, 177 cm de large et 77 cm de haut sous capot. L’ONG demande aux pouvoirs publics de plafonner cette hauteur à 85 cm, la largeur à 192 cm, de favoriser les voitures de moins de 4,2 m et d’adapter les tarifs de stationnement à la taille des véhicules.

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