En bref
- El Niño est actif depuis début juin
- Une forte intensité est attendue d’ici septembre
- Chaleur, sécheresse et pluies pourraient augmenter
El Niño pourrait franchir un cap dès cet été. Selon l’Organisation météorologique mondiale, le phénomène climatique déjà installé depuis début juin devrait se renforcer rapidement entre juillet et septembre, avec une évolution vers un épisode de forte intensité, classé niveau 3 sur 4.
Un épisode qui pourrait vite monter d’un cran
L’alerte porte d’abord sur le rythme. L’OMM explique que des conditions El Niño sont apparues dans le Pacifique tropical et qu’elles devraient gagner en puissance dans les prochains mois. Ce point compte, parce qu’un épisode plus fort augmente la probabilité d’événements météo plus marqués à l’échelle mondiale.
La durée attendue n’a rien d’anecdotique. L’OMM estime qu’El Niño dure en général entre neuf et douze mois.
Pourquoi ce phénomène pèse sur le climat mondial
Ce cycle naturel revient d’ordinaire tous les deux à sept ans. Il réchauffe les eaux du centre et de l’est du Pacifique équatorial, puis modifie les régimes de vents, la pression atmosphérique et les précipitations bien au-delà de cette zone.
Et son influence ne s’arrête pas à son apparition. L’OMM précise qu’El Niño agit plus fortement sur les températures mondiales au cours de l’année qui suit son installation.
Chaleur, sécheresse, pluies : les risques mis en avant
Pour l’agence onusienne, le renforcement attendu d’El Niño accroît le risque de phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde. Sont notamment cités des épisodes de sécheresse, de fortes pluies et des vagues de chaleur.
Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, avertit aussi que les risques concernent à la fois la terre et la mer, avec une probabilité plus élevée de vagues de chaleur terrestres et marines.
Les océans donnent déjà le ton
Ce signal n’est pas lancé au hasard. L’OMM s’appuie sur les prévisions des principaux centres mondiaux, qui montrent une hausse constante des températures océaniques dans le centre et l’est du Pacifique équatorial.
Les anomalies saisonnières moyennes de température de surface de la mer devraient même dépasser 2°C dans les grandes zones surveillées. Pour un suivi climatique, ce seuil pèse lourd.
Le précédent de 2023 et 2024 dans toutes les têtes
Le dernier épisode, observé en 2023 et 2024, avait déjà marqué les relevés mondiaux. Ces deux années sont devenues les plus chaudes jamais enregistrées.
Bon, cela ne veut pas dire que tout se répète à l’identique. Mais le précédent rappelle qu’El Niño ne reste pas cantonné au Pacifique, il agit par effet domino sur le climat mondial pendant plusieurs mois.