Everest : l’Inde va rapatrier « Green Boots » trente ans après

Le corps surnommé « Green Boots », visible depuis 1996 sur l’Everest, a enfin une identité officielle. Une mission indienne doit désormais le récupérer.

Vue large du camp de base Everest
Image d'illustration. Le site se déploie au pied du Khumbu. — ADN

En bref

  • L’Inde a identifié « Green Boots » par ADN
  • Le corps serait celui de Dorje Morup
  • Une mission doit récupérer la dépouille

Trente ans après, le corps surnommé « Green Boots » sur l’Everest a enfin une identité officielle. Les tests ADN confirment qu’il s’agit de Dorje Morup, un soldat indien mort en 1996, et non de Tsewang Paljor comme on l’a longtemps cru.

Cette confirmation, révélée dans des documents consultés par l’AFP mardi 23 juin 2026, ouvre surtout la voie à une suite très concrète, le rapatriement du corps. L’Inde prépare une mission pour récupérer la dépouille, restée depuis mai 1996 dans une grotte située à environ 8 500 mètres d’altitude.

Une identité officielle après des années de doute

Le corps gelé était devenu l’un des repères les plus connus de la voie vers le sommet, reconnaissable à ses bottes vert citron. Depuis des années, beaucoup pensaient qu’il s’agissait de Tsewang Paljor, membre de l’Indo-Tibetan Border Police, l’ITBP.

Mais l’ITBP confirme désormais qu’il s’agit de son compagnon d’ascension, Dorje Morup, l’un des deux autres hommes engagés avec Paljor lors de cette montée tragique. Un travail de vérification mené en 2024 avait déjà orienté les autorités dans cette direction. Les documents publiés sur un site du gouvernement indien détaillent la collecte d’échantillons ADN. C’est la première fois que cette identité est rendue officielle.

Une récupération très lourde à organiser

La prochaine étape est autrement plus compliquée. L’ITBP a lancé un appel d’offres pour une opération de récupération en très haute altitude, avec plusieurs alpinistes mobilisés.

À cette hauteur, chaque mouvement coûte. Et récupérer un corps sur l’Everest, entre le Népal et le Tibet, n’a rien d’une intervention ordinaire. Le simple fait que l’opération soit préparée officiellement dit son ampleur.

L’Everest, montagne des disparus

L’affaire rappelle aussi une réalité plus large. Depuis le début des expéditions, dans les années 1920, plus de 300 personnes sont mortes sur le plus haut sommet du monde.

Beaucoup de corps restent sur place, cachés sous la neige ou tombés dans des crevasses profondes. D’autres réapparaissent avec le recul de la neige et de la glace, un phénomène lié au changement climatique. Sur cette montagne, les morts ne disparaissent pas toujours.

Des corps devenus des repères malgré eux

Certains alpinistes ont fini par donner des surnoms aux dépouilles croisées sur la route. « Green Boots » en est l’exemple le plus connu.

L’Everest porte aussi d’autres histoires. Le Britannique George Mallory, disparu en 1924, n’a été retrouvé qu’en 1999. Son compagnon Andrew Irvine, lui, manque toujours à l’appel, tout comme l’appareil photo qui pourrait prouver une ascension réussie et bousculer l’histoire de l’alpinisme.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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