Tempêtes nommées : un record historique en Europe, et la série pourrait bien continuer

Image d'illustration. Phare de bretagne sous la tempêteADN
L’Europe connaît actuellement un nombre record de tempêtes baptisées, illustrant une intensification notable de ces phénomènes météorologiques. Cette hausse s’explique par des causes précises que nous détaillons, alors que la saison des tempêtes se poursuit.
Tl;dr
- Record : 19 tempêtes nommées, liste presque épuisée.
- Saison tempétueuse prolongée par un flux d’air doux.
- Impacts aggravés, climat et précipitations en cause.
Des tempêtes à la chaîne, des noms bientôt épuisés
Depuis octobre 2025, le ballet des tempêtes sur l’Europe de l’Ouest n’aura jamais été aussi soutenu. Les services météorologiques comme Météo France, l’Aemet espagnole ou encore la météo portugaise ont déjà baptisé successivement pas moins de dix-neuf systèmes dépressionnaires : parmi eux, Benjamin, Davide, mais aussi Thérèse, nommée le 16 mars par le Portugal, ou encore Samuel.
Avec une telle fréquence, la liste officielle des noms frôle désormais la saturation – un fait rare –, poussant les agences concernées à envisager un « plan B » pour compléter les appellations restantes.
Un hiver d’une intensité hors normes
Cette saison 2025-2026 s’inscrit d’ores et déjà dans les annales. Non seulement les tempêtes se sont succédé sans répit depuis plusieurs mois, mais l’hiver qui vient de s’achever figure désormais parmi les dix plus arrosés depuis 1959.
Les crues majeures observées sur la Garonne, la Maine, la Loire ou encore la Charente témoignent de cette dynamique exceptionnelle. Signe supplémentaire : les températures hivernales se hissent au quatrième rang des plus élevées depuis plus d’un siècle, derrière seulement trois hivers récents.
Derrière le phénomène : une mécanique atmosphérique singulière
La multiplication des tempêtes puise son origine dans un schéma météorologique bien précis, une dynamique de fond. Un rail perturbé a persisté à basse latitude, notamment autour du Portugal, permettant à un air subtropical particulièrement doux et humide de s’engouffrer vers l’Europe occidentale. Ce mécanisme a favorisé :
- L’injection continue d’air chaud et humide dans les systèmes dépressionnaires ;
- L’accumulation d’énergie jusqu’aux couches supérieures de l’atmosphère ;
- Le maintien d’un régime tempétueux bien au-delà du cœur habituel de la saison (janvier-février).
L’ombre du changement climatique plane sur les perturbations récentes
Difficile encore pour les climatologues de conclure fermement, mais une tendance se dessine : la douceur record des océans et une atmosphère chargée en humidité contribuent à amplifier ces phénomènes. Résultat : non seulement la fréquence mais aussi l’intensité – en particulier via les précipitations et le risque de submersion – tendent à croître sous l’effet conjugué du réchauffement des mers et de l’atmosphère.
Au final, l’hiver exceptionnellement agité que traverse actuellement l’Europe apparaît autant comme une anomalie statistique qu’un signe annonciateur d’un climat en pleine mutation.