Vieillir en meilleure santé : ce que montre une étude sur 20 ans

Une vaste étude américaine suit des adultes à risque de diabète depuis plus de 20 ans. Son constat dépasse le diabète et touche le vieillissement.

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Image d'illustration. Activité physique séniors. — ADN
  • Le mode de vie réduit la multimorbidité
  • La metformine ne fait pas mieux que placebo
  • Le suivi dépasse vingt ans

Vivre plus longtemps, c’est une chose. Vieillir avec moins de maladies chroniques, c’en est une autre. Une nouvelle analyse américaine va dans ce sens, en montrant que des changements de mode de vie suivis au départ pendant trois ans restent associés, plus de vingt ans après, à un risque plus faible d’accumuler plusieurs maladies.

Un suivi de plus de vingt ans, bien au-delà du diabète

L’étude s’appuie sur les données du Diabetes Prevention Program et de son prolongement, le Diabetes Prevention Program Outcomes Study. Les chercheurs, issus de plusieurs institutions aux États-Unis, ont examiné les dossiers de 1 173 personnes qui avaient toutes un prédiabète au moment de leur inclusion.

Le travail vient d’être publié dans JAMA. Au départ, l’objectif principal portait sur la prévention du diabète. Mais cette nouvelle analyse regarde plus large, avec une question très concrète: que deviennent ces participants en avançant en âge?

Le groupe mode de vie sort nettement du lot

Les participants avaient été répartis en trois groupes. L’un recevait un placebo chaque jour, un autre de la metformine, et le troisième suivait un programme intensif combinant alimentation et activité physique, avec une cible de perte d’au moins 7 % du poids corporel. Cette phase initiale a duré trois ans.

Sur plus de deux décennies de suivi, le groupe passé par ce programme de mode de vie a présenté un risque de multimorbidité inférieur de 21 % à celui du groupe placebo. Ici, la multimorbidité désigne la présence d’au moins deux maladies chroniques.

Point qui compte aussi, la différence entre le groupe placebo et le groupe metformine est restée faible. Après la fin de l’essai initial, le placebo a été arrêté, tandis que la metformine a été poursuivie dans l’étude de suivi.

Quelles maladies ont été prises en compte

Les chercheurs ont retenu 15 maladies chroniques. Parmi elles, l’hypertension, l’arthrite, l’asthme, le cancer, l’ostéoporose, la dépression, la démence, l’insuffisance cardiaque, l’AVC, la maladie rénale chronique, les troubles du rythme cardiaque, l’hyperlipidémie, la coronaropathie, la BPCO et le diabète.

Même en retirant le diabète de cette liste, le groupe mode de vie gardait un risque global plus bas. Les auteurs ont aussi ajusté leurs résultats selon l’âge, le sexe, la race et l’origine ethnique, la consommation d’alcool et l’indice de masse corporelle.

Un signal fort, mais pas une preuve absolue

Les auteurs parlent d’une association solide entre habitudes de vie et vieillissement en meilleure santé. Marcel Salive, du National Institute on Aging, insiste sur un enjeu plus large que le seul diabète, avec des effets possibles sur la qualité de vie, l’autonomie et les coûts de santé.

Mais l’étude ne prouve pas à elle seule un lien de cause à effet. Et le constat n’a rien d’anodin: dans l’ensemble de la cohorte, 85 % des participants ont développé au moins deux maladies chroniques.

Dana Dabelea, de la Colorado School of Public Health, met en avant la valeur à long terme d’une meilleure alimentation, de l’exercice régulier et de la gestion du poids. Pour les systèmes de santé, le message est assez clair: la prévention se joue tôt, puis ses effets se mesurent très loin dans le temps.