En bref
- La saison 3 offre à The Boys son meilleur moment..
- En gardant Homelander au centre, la série tourne progressivement en rond.
- Les saisons suivantes manquent d’enjeux et de fraîcheur.
Le moment qui aurait fait dérailler The Boys est très précis. Pas l’arrivée d’un nouveau perso, pas un simple coup de mou, mais le final de la saison 3. L’idée, ici, est simple: la série de Prime Video aurait atteint son vrai climax à cet instant, puis aurait continué sans cap. Et quand une série dépasse son propre pic, la descente se voit tout de suite.
Avant ça, The Boys, adaptation du comic de Garth Ennis portée par Eric Kripke, passait pour l’une des propositions les plus fraîches du genre super-héroïque. Après Avengers: Endgame, alors que le Marvel Cinematic Universe, DC et Marvel perdaient de leur élan, la série s’était imposée avec un cocktail de satire, de violence grotesque et d’attaques tous azimuts, y compris contre Amazon et les fans en ligne. Clairement, ça cognait juste.
Le vrai point de rupture, ce n’était pas la fin
À partir de la saison 3 de The Boys, tout converge vers Homelander. Le personnage joué par Antony Starr cesse d’être surtout l’exécutant terrifiant d’un mal plus vaste pour devenir l’ennemi central de toute la série. Les héros cherchent alors une arme capable de le tuer, qu’ils trouvent en Soldier Boy, incarné par Jensen Ackles.
Ce choix mène à une énorme bataille avec Butcher, joué par Karl Urban, et Maeve, interprétée par Dominique McElligott. Avec le recul, c’est présenté comme le plus haut point possible pour la série. Le genre de final qui sent la conclusion. Ne pas faire tomber Homelander là, c’était laisser passer la meilleure sortie.
Quand Homelander avale toute la série
Le problème, c’est qu’en gardant Homelander au centre, The Boys aurait réduit sa propre portée. Au début, le vrai monstre du décor restait Vought, avec une satire plus large de la pop culture américaine et du capitalisme. Ensuite, tout se resserre sur un seul homme.
Après le final de la saison 3, la série est décrite comme une lecture de Homelander en version Donald Trump. Sauf que la satire finit par tourner en boucle. Le parallèle est comparé à ce qu’a connu South Park avec Mr. Garrison: quand la réalité devient plus absurde que la caricature, l’effet s’use vite. Et les enjeux baissent avec.
Des saisons suivantes vues comme une répétition
La suite n’aurait jamais retrouvé l’impact de ce sommet. La saison 4 est décrite comme sombre, misérable, presque figée, avec une intrigue qui temporise et refuse de sacrifier des personnages importants ou d’avancer franchement.
Puis la saison 5 aggraverait encore les choses avec une longue chasse inutile, avant un affrontement final qui renvoie directement à celui de la saison 3, mais avec beaucoup moins de force. Quand le final est arrivé, l’accueil a viré au très mitigé, avec un rejet grandissant épisode après épisode, au point de rappeler la dernière ligne droite de Game of Thrones. Eric Kripke a même dû défendre cet épisode face au backlash. Bref, pour cette lecture-là, The Boys avait déjà dit l’essentiel bien avant sa vraie fin.