En bref
- Tom Selleck avait de sérieux doutes sur le projet dès le départ.
- Le tournage a été marqué par les conflits et un énorme échec financier.
- Le film l’a durablement dégoûté des plateaux de cinéma.
Ce film a tellement marqué Tom Selleck qu’il a fini par s’éloigner des plateaux pendant des années. Et quand on regarde ce qui s’est passé autour de Christophe Colomb: La Découverte, on comprend vite pourquoi.
Un projet accepté pour une seule raison
En 2021, chez Drew Barrymore, Tom Selleck racontait qu’il avait accepté le film surtout pour travailler avec Marlon Brando, qu’il voyait comme une figure majeure de sa génération. Le problème, c’est qu’il sentait déjà que quelque chose clochait. Le scénario ne lui paraissait pas bon, et il dira plus tard, sans tourner autour du pot, que le résultat était mauvais.
Le contexte personnel n’a rien arrangé. Juste avant son départ pour Madrid, sa fille a été hospitalisée pour une pneumonie virale. Il est resté auprès d’elle le plus longtemps possible, puis est parti quand elle venait de sortir de l’hôpital. Une fois le tournage terminé, il a expliqué qu’il aurait préféré rester chez lui. Ça pose l’ambiance.
Un gros casting, un film étonnamment terne
Sorti en 1992 pour accompagner les 500 ans du voyage de Christophe Colomb vers les Amériques, le long métrage avait pourtant de quoi intriguer. À la réalisation, on trouvait John Glen, vétéran des James Bond des années 1980 et ancien collaborateur de Superman.
À l’écran, George Corraface incarnait Colomb. Il croisait Marlon Brando en Tomas de Torquemeda, puis obtenait le soutien du roi Ferdinand, joué par Tom Selleck, et de la reine Isabella, incarnée par Rachel Ward. Sur le papier, le casting avait de l’allure. À l’arrivée, le film est resté connu comme une aventure historique très plate, qui effleure à peine les conséquences de l’expédition et s’attarde sur quelques épisodes sans vraie force. Bref, beaucoup de monde pour pas mal de vide.
Départs, procès, box-office en ruine
Le chantier a viré au cauchemar. Le premier réalisateur, George P. Cosmatos, a quitté le film à cause de désaccords créatifs avec les producteurs, Alexander et Ilya Salkind. Puis Timothy Dalton et Isabella Rossellini sont partis eux aussi. Tous les trois ont lancé des procédures judiciaires.
Même Marlon Brando a demandé à ce que son nom soit retiré, les producteurs ayant refusé d’intégrer des réécritures insistant sur la responsabilité de Colomb dans le génocide des peuples autochtones. Son nom est tout de même resté au générique.
Côté finances, la claque a été nette. Le film n’a rapporté que 8,2 millions de dollars pour un budget de 40 millions de dollars. Ce sera le dernier film produit ensemble par les Salkind.
Une réception critique qui n’a rien sauvé
La presse n’a pas été tendre. Roger Ebert parlait d’une histoire majeure traitée de façon si mollassonne que le voyage semblait interminable pour le public aussi. Peter Rainer, au Los Angeles Times, enfonçait le clou en jugeant le film ni juste politiquement, ni humainement, ni historiquement, ni même cinématographiquement. Le score Rotten Tomatoes des critiques reste bloqué à 7%.
Et Tom Selleck n’a jamais caché son amertume. Il a raconté que le film ne valait franchement pas le coup, et estimé que Marlon Brando était surtout là pour toucher 5 millions de dollars pour deux semaines de travail. Résultat, il a pris un an de pause. Puis trois. Pour un seul film, c’est violent.