Suisse : les habitants d’un village la trouvent agaçante, ils votent contre sa naturalisation
En Suisse, une Néerlandaise qui souhaitait être naturalisée a vu sa demande être refusée à deux reprises avant d'être validée. Ce sont les habitants de son village qui s'y étaient opposés, agacés par cette femme qui appelait notamment à bannir les cloches des vaches.
Il y a dix ans, Nançy, d’origine néerlandaise, s’installait dans le petit village suisse de Gipf-Oberfrick. Cette femme aujourd’hui âgée de 45 ans était arrivée au pays alors qu’elle avait 8 ans. Elle parle depuis couramment suisse allemand, ses enfants sont de nationalité suisse et jusqu’à il y a peu, elle ne l’était pas elle-même.
En 2015, raconte DNA – Dernières Nouvelles d’Alsace, Nancy a alors entrepris les démarches nécessaires pour être naturalisée suisse, sans se douter qu’elle allait devoir suivre un chemin pénible et douloureux. Pour commencer, la démocratie directe a cours en Suisse, ce qui signifie dans ce cas précis que les petites municipalités peuvent se prononcer pour ou contre une naturalisation.
Une Néerlandaise installée en Suisse dérangée par les cloches des vaches
Quel serait donc le problème pour que Nancy ne soit pas acceptée dans son village ? Il y en a en fait plusieurs, de nature symbolique. Il se trouve que Nancy, végane, milite en faveur des droits des animaux. Et d’avoir publiquement appelé à bannir les cloches des vaches, estimant que ces objets « leur font mal aux oreilles ».
Pour appuyer son propos, cette femme s’est mise une imposante cloche en cuivre autour du cou et l’a agitée tout en se bouchant les oreilles. « Je n’ai rien contre les traditions tant qu’elles ne font de mal à personne », a-t-elle déclaré en se montrant de même dérangée par le fait que les cloches de l’église sonnent la nuit.
Une troisième demande de naturalisation acceptée
Durant le premier vote, un certain nombre d’habitants ont injurié Nancy, quand d’autres étaient hués pare qu’ils la soutenaient dans son entreprise. Suite à un appel émis auprès des autorités régionales du canton d’Argovie, un deuxième vote a été organisé, avec des contestataires encore plus présents.
Au final, Nancy a obtenu sa naturalisation après une troisième demande : « Ça a été douloureux », reconnait-elle. « J’ai pleuré, c’était très dur. » Elle envisage désormais de se présenter aux élections cantonales en octobre prochain :
« Si je suis élue, je soulèverai cette question de l’accès à la nationalité. Je crois aussi que ce sont les autorités communales qui doivent décider, pas les habitants, qui sont plus enclins à laisser leurs émotions gouverner. »