Soirée de présentation du livre de Bardella : pourquoi les journalistes sont partis

Refusé à l’entrée malgré son billet, un journaliste de Mediapart a provoqué un départ collectif à la soirée parisienne du livre de Jordan Bardella.

Visage de Bardella face à des cartes de presse
Image d'illustration. Une exclusion déclenche un départ groupé. — ADN

En bref

  • Un journaliste de Mediapart a été refoulé
  • Presque tous les journalistes sont repartis
  • Le climat avec le RN reste très tendu

Presque tous les journalistes accrédités à la soirée de lancement du livre de Jordan Bardella, mercredi 4 novembre 2026 à Paris, ont quitté les lieux après le refus d’accès opposé à un reporter de Mediapart. L’épisode s’est joué au Pavillon Wagram, peu avant 20 heures.

Un refus à l’entrée qui fait basculer la soirée

Le journaliste de Mediapart s’était présenté avec un billet d’entrée nominatif pour cette soirée organisée par Fayard, l’éditeur du président du Rassemblement national. Malgré cela, les agents de sécurité lui ont barré l’accès.

D’après ce qu’a constaté un journaliste de l’AFP, un membre de l’équipe présent dans le hall a fait signe aux vigiles de ne pas le laisser entrer. Le RN a ensuite fait valoir qu’il s’agissait d’une soirée privée et que le média n’était pas accrédité, alors que de nombreux autres journalistes, eux, avaient bien été invités.

La réaction a été immédiate. La quasi-totalité des reporters présents ont choisi de partir. Parmi les exceptions relevées, figuraient notamment des médias du groupe Bolloré, maison mère de Fayard.

Un contexte déjà très tendu avec Mediapart

Ce refus ne tombe pas de nulle part. Il s’inscrit dans un climat de tension entre le parti d’extrême droite et Mediapart depuis la fin septembre, après la publication d’écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella.

Le président du RN conteste catégoriquement ces éléments et a déposé une plainte pour diffamation. Ces dernières semaines, le média d’investigation avait déjà été pris à partie par des militants puis évacué par le service d’ordre, à deux reprises, lors du congrès du RN puis du premier meeting de campagne de Marine Le Pen, fin octobre à Orléans.

La présidente de Mediapart, Carine Fouteau, a dénoncé auprès de l’AFP une nouvelle entrave visant son journaliste et a qualifié la scène de censure. Elle a aussi estimé, en visant l’extrême droite, que « En excluant ou violentant les journalistes, l’extrême droite révèle son vrai visage. »

Devant la salle, une autre contestation visait Bardella

À l’extérieur, une quinzaine de militants du collectif contre l’antisémitisme Nous vivrons s’étaient rassemblés devant le Pavillon Wagram. Pancartes à la main et mégaphones allumés, ils ont scandé des slogans contre Jordan Bardella, dont « Pas d’antisémites en République ».

Avant même son arrivée, Jordan Bardella a réagi sur X. Il a accusé l’extrême gauche de manifester contre un livre et y a vu le signe d’une nostalgie des régimes totalitaires qu’il juge de plus en plus inquiétante. La soirée littéraire a donc vite pris un tour très politique, et pas seulement à l’intérieur de la salle.

Jérôme Nelra

Spécialiste Politique

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