En bref
- Marine Le Pen attaque Richard Ferrand
- Le désaccord porte sur la révision de la Constitution
- Le RN défend toujours la voie du référendum
Le désaccord porte sur un point très précis, mais central pour la campagne du Rassemblement national. Mercredi 14 octobre 2026, depuis Bruxelles, Marine Le Pen a demandé que Richard Ferrand quitte la présidence du Conseil constitutionnel, après ses critiques sur l’idée de modifier la Constitution par référendum sans passer par le Parlement.
Le nœud du conflit, l’article 11 contre l’article 89
Dans un podcast du Club des juristes, Richard Ferrand a écarté la proposition phare du RN pour la présidentielle. Selon lui, utiliser l’article 11 pour réviser la Constitution n’est pas possible. Il a tranché en disant, « Vouloir réformer la Constitution par l’article 11, ça n’existe pas ».
Son raisonnement s’appuie sur le texte lui-même. La procédure de révision figure à l’article 89, qui impose un vote en termes identiques par l’Assemblée nationale et le Sénat, avant une approbation soit par référendum, soit par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès. Sur ce point, le cadre juridique rappelé par Richard Ferrand est celui de la loi fondamentale.
Marine Le Pen contre-attaque et demande son départ
La réponse de Marine Le Pen a été immédiate. Elle estime que le président du Conseil constitutionnel a rompu avec son obligation de neutralité et avec l’interdiction, prévue par les textes, de se prononcer sur une affaire qui n’a pas encore été soumise à l’institution.
Elle a aussi visé le fond de son argumentation. Depuis Bruxelles, la candidate a dénoncé des « arguments indigents » et a jugé que Richard Ferrand devait quitter la tête du Conseil constitutionnel. Le conflit n’est donc plus seulement juridique, il devient aussi institutionnel.
Un débat ancien, relancé par l’exemple du général de Gaulle
Pour défendre sa position, Marine Le Pen a invité Richard Ferrand à écouter le général de Gaulle. Elle renvoie à 1962, quand l’article 11 avait été utilisé pour organiser un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel.
Ce n’est pas la première fois qu’elle met en cause le rôle du Conseil constitutionnel. Il y a quelques semaines, elle affirmait déjà que l’institution, chargée notamment de vérifier la conformité des lois à la Constitution, n’était pas un contre-pouvoir au peuple. Et elle ajoutait que si les Français décidaient de modifier leur Constitution, personne ne pourrait les en empêcher.
La suite se jouera donc sur deux terrains à la fois, le droit et la campagne présidentielle.