En bref
- Jean-Philippe Tanguy parle de « dingues » au RN
- Un collaborateur de Franck Allisio a été écarté
- Jordan Bardella reste soutenu par le député
Le Rassemblement national attire aussi des profils extrémistes, et l’un de ses députés le reconnaît désormais ouvertement. Invité dimanche 11 octobre 2026 sur BFM Politique, Jean-Philippe Tanguy a affirmé que son parti attirait « des dingues », qu’il a décrits comme des « infiltrés ».
Cette séquence compte parce qu’elle percute de front la stratégie de dédiabolisation engagée depuis des années par le parti. Le propos n’est pas anodin. Il vient d’un cadre du RN, au moment où une nouvelle affaire vise l’entourage parlementaire du mouvement.
Un aveu rare sur les profils qui gravitent autour du RN
Sur le plateau, Jean-Philippe Tanguy a durci le ton contre ceux qui, selon lui, rejoignent le parti sans assumer publiquement leurs idées. Il les a qualifiés de pauvres types et de pauvres filles venant au Rassemblement national comme des profiteurs.
Le député a aussi expliqué qu’il en avait déjà écarté beaucoup. Selon lui, ces personnes se cachent et avancent masquées. Il a ajouté que certains assistants parlementaires travaillant pour le parti l’insultaient en parallèle sous pseudonyme. Sa ligne, sur ce point, est simple, dès qu’un cas est identifié, il dit les faire partir. Mais il a aussi reconnu ses limites, expliquant en substance qu’il n’était ni psychiatre ni la DGSI.
Le cas de l’attaché parlementaire qui relance la séquence
Cette prise de parole intervient deux jours après l’annonce de Franck Allisio, député des Bouches-du-Rhône. L’élu a indiqué mettre fin au contrat de son attaché parlementaire, Louis Grégoire, après la mise au jour de publications racistes et antisémites sur Facebook.
Parmi les messages exhumés, l’un évoquait le débarquement allié du 6 juin 1944 avec une pensée pour les soldats américains morts en France, présentés comme sacrifiés au nom d’un nouvel ordre mondial. Un autre, daté de 2018 lui aussi, avançait que l’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu suffire sans l’action du général de Gaulle. Des formulations lourdes, et politiquement très coûteuses pour un parti qui cherche précisément à couper avec ce passif.
Bardella défendu, les médias pris pour cible
Dans le même entretien, Jean-Philippe Tanguy a réaffirmé sa confiance absolue en Jordan Bardella. Il l’a fait alors que de nouvelles révélations publiées par Le Canard enchaîné, Libération et Mediapart fragilisent la défense du président du RN, notamment autour de la fermeture de ses comptes Facebook dans l’affaire des propos antisémites qui lui sont attribués.
Pour le député, il ne s’agit pas de preuves mais de détails insignifiants, à partir desquels des journalistes bâtiraient des raisonnements excessifs. Il leur a aussi reproché d’aller « faire les poubelles » en interrogeant des amis d’enfance de Jordan Bardella. Une contre-attaque classique, mais qui n’efface pas le point central, le RN doit encore gérer des affaires venues de ses propres rangs.