Face à Duhamel, Édouard Philippe tique sur un mot qui pique

Invité de France 2, Édouard Philippe a défendu sa réforme des retraites et s’est agacé d’une attaque sur sa « pusillanimité ».

Studio de télévision moderne en lumière vive
Image d'illustration. Studio de télévision — ADN

En bref

  • Édouard Philippe défend sa réforme des retraites
  • Il refuse de trancher sur la méthode
  • Le mot « pusillanimité » l’a agacé

Invité jeudi 8 octobre sur France 2, Édouard Philippe a surtout cherché à installer ses priorités pour la présidentielle de 2027. Le candidat d’Horizons a détaillé une série de mesures sur les retraites, le travail, la famille et l’immigration, avec une ligne simple, montrer qu’il assume des choix durs.

Sur les retraites, le fond avant la méthode

Sur le dossier le plus sensible, l’ancien Premier ministre a défendu une réforme qui porterait progressivement la durée de cotisation à 45 annuités et l’âge légal de départ à 65 ans. Il a aussi précisé qu’un tiers des salariés serait exonéré.

En revanche, il n’a pas voulu dire si cette réforme passerait par le Parlement, un référendum ou des ordonnances. Il a expliqué que le contenu du texte lui paraissait plus important que la façon dont il serait discuté, ajoutant que la décision dépendrait de la campagne. Une manière de garder la main, mais aussi de laisser une zone grise sur un point pourtant central.

Le mot de trop sur le plateau

C’est là que l’échange s’est tendu avec Benjamin Duhamel. Le journaliste lui a demandé si une forme de pusillanimité sur les retraites traduisait une crainte du regard des Français et d’un possible blocage de son quinquennat.

Le terme a visiblement agacé le maire du Havre. L’Académie française définit la pusillanimité comme un manque de hardiesse, de courage, ou une timidité excessive. Édouard Philippe a répliqué que ce mot ne correspondait pas à son caractère. Et il a insisté sur le fait qu’il portait, selon lui, la réforme des retraites la plus ambitieuse, tout en sachant qu’elle n’était pas populaire. Bref, il a retourné l’attaque en argument politique.

Travail, famille, immigration, ordonnances

Le reste de l’émission a confirmé cette même ligne. Édouard Philippe reprend l’idée du « travailler plus pour gagner plus » associée à Nicolas Sarkozy. Il veut exonérer de cotisations sociales les salariés qui accepteraient de travailler plus longtemps. Selon lui, un salarié au Smic qui ferait deux heures de plus par semaine gagnerait environ 1 000 euros par an, pendant que l’entreprise profiterait d’un coût du travail un peu moins élevé.

Sur la famille, il propose de revoir totalement les allocations familiales, avec une aide dès le premier enfant. Pour les classes moyennes, il avance une réduction d’impôt de 3 000 euros pendant les trois années suivant une naissance.

S’il est élu avec une majorité à l’Assemblée, il dit vouloir présenter une vingtaine d’ordonnances, applicables dès l’automne, pour sortir le pays de l’indécision dans laquelle il estime qu’il vit depuis 2024. Il a aussi fixé un objectif net sur l’immigration légale, la diviser par deux pour revenir à un niveau largement inférieur à 200 000 titres de séjour délivrés par an, soit, dit-il, dans la ligne de ce qui existait avant 2010.

Jérôme Nelra

Spécialiste Politique

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