Six évolutions de la personnalité à l’âge mûr pouvant annoncer une démence, selon des experts

Des chercheurs alertent sur certains changements de personnalité observés chez les personnes d’âge mûr, pouvant annoncer l’apparition d’une démence. Six transformations comportementales précises ont ainsi été identifiées comme des signaux précurseurs à surveiller attentivement.

Gros plan d un homme bien soigné avec une barbe taillée avec précision
Image d'illustration. Gros plan d un homme bien soigné avec une barbe taillée avec précision — ADN

Tl;dr

  • Six dépressions précises en milieu de vie prédisent la démence.
  • Ces symptômes annoncent le risque bien avant les pertes de mémoire.
  • Repérer tôt ouvre la voie à une prévention possible.

Des signaux silencieux bien avant l’oubli

Bien souvent, on associe la perte de mémoire aux premiers signes tangibles de la démence. Pourtant, des transformations beaucoup plus subtiles, presque imperceptibles, pourraient survenir plusieurs années auparavant. Une étude britannique d’envergure, menée par des chercheurs de l’University College London, remet en question cette vision classique. En suivant plus de 5 800 adultes âgés de 45 à 69 ans durant plus de deux décennies, les scientifiques ont repéré un lien net entre certains changements émotionnels et le développement ultérieur de troubles cognitifs.

L’importance des symptômes précis plutôt que du diagnostic global

Les résultats publiés dans The Lancet Psychiatry révèlent que ce ne sont pas toutes les formes de dépression qui signalent un danger : seules des manifestations très ciblées semblent vraiment indiquer un risque accru. Ainsi, six symptômes particuliers – tels que la perte de confiance en soi, l’incapacité à faire face aux problèmes, ou encore le manque d’affection envers autrui – émergent comme prédicteurs potentiels, bien plus pertinents que le diagnostic global de dépression.

D’ailleurs, voici brièvement ces signaux identifiés chez les participants au cours de leur vie active :

  • Perte de confiance en soi : +51% de risque.
  • Difficulté à affronter les problèmes : +49%.
  • Diminution d’affection pour autrui : +44%.

L’implication pour la prévention et le suivi médical

Ce constat amène un changement majeur dans la façon dont on envisage l’évaluation du risque de démence. Comme le souligne le Dr Philipp Frank, principal auteur de l’étude, il s’agit moins d’un « état dépressif général » que d’un ensemble précis de ressentis qui trahit peut-être des altérations neurologiques très précoces : « L’apparition isolée ou combinée de ces symptômes offre une fenêtre unique sur la santé cérébrale future. »

À l’échelle mondiale, avec plus de 55 millions d’individus touchés par la démence en 2020 selon Alzheimer’s Disease International, anticiper grâce à ces indices devient crucial. Les projections évoquent même près de 140 millions de cas à l’horizon 2050. S’il reste prudent d’éviter tout alarmisme, reconnaître et surveiller ces évolutions pourrait permettre d’agir avant même que la mémoire ne flanche – et cela pourrait bien tout changer dans notre approche collective du vieillissement cognitif.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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