Le nerf vague, ce lien discret qui pèse sur notre santé mentale

Souvent méconnu, le nerf vague relie cerveau et organes. Son rôle dans la respiration, le cœur ou la digestion éclaire aussi la santé mentale.

Santé mental réseaux sociaux
Image d'illustration. Santé mental réseaux sociaux — ADN

En bref

  • Le nerf vague relie cerveau et organes.
  • Il agit sur cœur, digestion, respiration et humeur.
  • Des manœuvres médicales peuvent le stimuler.

On parle souvent de santé mentale comme d’une affaire de cerveau seul. Le nerf vague rappelle l’inverse. Ce réseau nerveux, très étudié, relie directement le cerveau à une partie du corps qui compte dans notre état général, du rythme cardiaque à la digestion.

Un axe direct entre le cerveau et le reste du corps

Le cerveau communique avec l’organisme par 12 grands réseaux nerveux qui descendent le long de la colonne vertébrale puis se ramifient. Parmi eux, le nerf vague occupe une place à part. Il influence la respiration, les réflexes, le cœur et la digestion.

Ce n’est pas un détail. Tous ces mécanismes pèsent aussi sur l’humeur. Les chercheurs s’y intéressent donc de près, parce que ce nerf fonctionne comme une voie très rapide entre ce que vit le corps et ce qu’interprète le cerveau.

Le chef d’orchestre du mode repos

Là où le système nerveux sympathique pilote les réactions rapides de stress, le nerf vague gère surtout les réponses plus lentes associées au retour au calme, à la récupération et à la digestion. C’est ce qu’on range dans le système parasympathique.

Concrètement, le nerf lui-même correspond à deux faisceaux épais de neurones. Ils prennent naissance dans le cerveau puis passent vers le reste du corps par deux ouvertures, à gauche et à droite, à la base du crâne.

Des messages qui montent, d’autres qui redescendent

La majorité des neurones qui composent ce nerf sont des neurones sensoriels. Chez l’être humain, on en compte environ 100 000 de chaque côté. Leur rôle est d’envoyer vers le cerveau des informations venues des organes ou de l’environnement.

Le reste correspond à des neurones moteurs, qui font le trajet inverse. Eux transmettent les ordres du cerveau vers les organes et contrôlent directement nos mouvements musculaires.

Pourquoi il compte autant, et comment on l’active

Le nerf vague intervient dans pas mal de fonctions. La respiration, l’appétit, la déglutition, la fréquence cardiaque, l’immunité ou encore l’éternuement. Il participe même à la communication entre cerveau et intestin, à certains muscles de la bouche et de la gorge liés à la parole, ainsi qu’au réflexe nauséeux.

Cette polyvalence vient de la diversité de ses neurones. Certains détectent des signaux chimiques, comme le niveau d’oxygène dans le sang ou les sécrétions de bactéries intestinales. D’autres repèrent des signaux mécaniques, par exemple l’étirement des vaisseaux sanguins ou de l’intestin.

Et la carte n’est sans doute pas complète. Les médecins savent déjà mobiliser ce nerf avec des manœuvres de Valsalva, pour ralentir un cœur qui bat trop vite ou apaiser des palpitations. Cela peut passer par la toux, un effort de poussée similaire à celui des toilettes ou, plus étonnant, le fait de se mettre en équilibre sur les mains.

Ce sujet dépasse la simple anatomie. Mieux comprendre ce lien entre cerveau et organes pourrait affiner, à moyen terme, la façon de lire certains troubles où le corps et l’esprit avancent ensemble.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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