Sédentarité : voici le nombre de pas qui change vraiment la donne

Une étude sur 72 174 adultes relance le débat des 10 000 pas. Même en restant assis longtemps, un certain volume quotidien réduit le risque cardiaque.

Promenade large entre marche et assise
Image d'illustration. Sédentarité et marche sont comparées. — ADN
  • 9 000 à 10 000 pas ressortent comme seuil optimal
  • Les bénéfices commencent dès 4 000 à 4 500 pas
  • Marcher aide, sans effacer le temps assis

Pour les adultes qui passent une grande partie de la journée assis, 9 000 à 10 000 pas par jour ressortent comme le niveau le plus efficace pour réduire les risques liés à la sédentarité. C’est la conclusion d’une étude menée sur 72 174 volontaires, à partir des données de la cohorte UK Biobank.

Le seuil qui ressort chez les profils les plus sédentaires

Chez les participants les plus sédentaires, ce volume quotidien de marche était associé à une baisse de 21 % du risque d’accident cardiovasculaire et de 39 % du risque de mortalité. Le travail s’intéressait justement à une question simple, et assez concrète pour pas mal de monde, celle des personnes qui ont un métier de bureau ou restent longtemps assises.

Les chercheurs rappellent que la sédentarité est liée à un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire, de cancer, de diabète et à une espérance de vie plus courte. Mais l’étude montre que ce risque diminue à mesure que le nombre de pas augmente, même chez les personnes qui restent très assises.

Des bénéfices visibles bien avant les 10 000 pas

Tout ne se joue pas au seuil symbolique des 10 000 pas. Les auteurs ont observé qu’environ la moitié des bénéfices apparaissaient déjà autour de 4 000 à 4 500 pas par jour, quel que soit le temps passé assis.

Autre point utile, toute progression au-delà d’un niveau de référence fixé à 2 200 pas quotidiens était liée à un risque plus faible de mortalité et d’événement cardiovasculaire, aussi bien chez les personnes peu sédentaires que chez celles qui l’étaient davantage.

Comment les chercheurs ont mesuré la sédentarité

L’équipe de Matthew Ahmadi, de l’University of Sydney, a analysé les données de santé de participants suivis en moyenne pendant 6,9 ans. Leur activité avait été estimée grâce à des accéléromètres portés au poignet pendant sept jours.

La durée médiane de sédentarité atteignait 10,6 heures par jour. Au-dessus de ce seuil, les participants entraient dans le groupe à forte sédentarité, en dessous dans le groupe à faible sédentarité.

Les personnes dont l’état de santé sur les deux premières années pouvait fausser les résultats ont été exclues. L’étude concerne donc des participants globalement en bonne santé au départ. En revanche, les auteurs ne précisent pas clairement si des handicaps pouvant affecter le nombre de pas étaient présents dans les données.

Ce que l’étude dit, et ce qu’elle ne dit pas

Le message n’est pas que rester assis longtemps n’a plus d’importance. Matthew Ahmadi insistait même sur ce point, expliquant « ce n’est en aucun cas une carte de sortie de prison pour les personnes qui restent sédentaires pendant des périodes excessives ».

Mais il ajoutait aussi que « chaque mouvement compte » et que les personnes peuvent essayer de compenser les effets d’un temps assis difficile à éviter en augmentant leur nombre de pas. L’étude a été publiée dans le British Journal of Sports Medicine.