En bref
- La masse salariale grimperait de 2,3 %
- Les écarts sectoriels resteraient très marqués
- Les cadres auraient surtout des hausses ciblées
La photographie de 2027 est assez nette, la moyenne des hausses monte, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Selon une enquête d’Alixio, relayée par Les Echos, la progression de la masse salariale dans les grands groupes français atteindrait 2,3 % l’an prochain, contre 1,9 % en 2026.
Une moyenne plus favorable, mais pas pour tout le monde
Sur le papier, le signal est plutôt meilleur pour le pouvoir d’achat. Cette projection s’inscrit dans un contexte d’inflation modérée, puisqu’un tiers seulement des 100 responsables des ressources humaines et de la rémunération interrogés anticipent une hausse des prix supérieure à 2 %.
Mais la moyenne cache des écarts bien réels. Les hautes technologies arriveraient en tête avec 3 %, devant l’énergie à 2,8 %. Plus bas, le commerce et la distribution resteraient à 1,8 %, tandis que les autres industries, hors métallurgie et agroalimentaire, se situeraient à 1,7 %.
Autrement dit, tout le monde ne profiterait pas du même mouvement. Et c’est souvent là que la lecture des chiffres devient plus concrète pour vous, parce qu’une hausse globale peut sembler solide alors que, secteur par secteur, le paysage reste très contrasté.
Pour les cadres, le collectif recule au profit de l’individuel
C’est sans doute le point le plus parlant. Pour les cadres, 91 % des entreprises n’envisagent pas de revalorisation collective.
À l’inverse, plus d’un tiers des sociétés prévoient des enveloppes d’augmentations individuelles supérieures à 2 % pour cette catégorie. Le curseur se déplace donc vers des hausses ciblées, attribuées au cas par cas, plutôt qu’à des augmentations générales.
Même logique pour les budgets liés à l’avancement professionnel. Ils progresseraient nettement pour l’encadrement, à 0,88 % après 0,13 %. Pour les non-cadres, la hausse serait plus limitée, à 0,19 % après 0,11 %.
Un marché de l’emploi plus stable en toile de fond
Ces arbitrages ne tombent pas du ciel. Ils interviennent alors que le marché de l’emploi donne des signes de stabilisation.
Six entreprises sur dix comptent maintenir leurs volumes d’embauche. En parallèle, la part des structures qui envisagent des suppressions de postes ou des plans sociaux recule par rapport à décembre 2025.
Le tableau qui se dessine pour 2027 est donc assez précis. Des budgets salariaux un peu plus généreux qu’en 2026, une inflation qui resterait contenue, mais aussi une individualisation de plus en plus marquée des hausses. Pour les salariés, l’enjeu ne sera pas seulement de savoir si les salaires montent, mais où, pour qui, et selon quelles règles.