Impôt sur le revenu 2027 : pourquoi le barème bouge enfin

Le gouvernement écarte le gel redouté du barème de l’impôt 2027. Les seuils seraient relevés de 2 %, avec un effet concret sur de nombreux foyers.

Un homme perdu devant son ordinateur
Image d'illustration. Un homme perdu devant son ordinateur — ADN

En bref

  • Le barème 2027 serait relevé de 2 %
  • Le gel des tranches est écarté
  • Certains foyers pourraient payer un peu moins

Une hausse de salaire n’entraînera pas automatiquement une hausse d’impôt. C’est le point le plus concret de l’annonce faite par le gouvernement sur le barème de l’impôt sur le revenu pour 2027, dans un contexte où beaucoup redoutaient un gel des seuils.

Ce que le gouvernement a vraiment tranché

Sur BFMTV, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a fermé la porte à cette hypothèse. Elle a assuré : « Nous proposerons l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation complète, pas en partie. Il est hors de question de geler ce qu’on appelle le barème ».

Cette orientation doit apparaître dans le projet de loi de finances 2027, attendu au Parlement au plus tard le 6 octobre. Le signal est clair : l’exécutif veut éviter une hausse fiscale indirecte pour des millions de foyers en France.

Les seuils qui se dessinent pour 2027

L’indexation retenue repose sur la prévision d’inflation 2026, hors tabac. D’après les dernières estimations de l’Insee, elle serait de 2 %. Ce pourcentage permet déjà d’esquisser le barème applicable aux revenus perçus en 2026.

Le système resterait progressif, avec cinq tranches par part fiscale.

  • Jusqu’à 11 832 euros : 0 %
  • De 11 833 à 30 091 euros : 11 %
  • De 30 092 à 86 269 euros : 30 %
  • De 86 270 à 185 555 euros : 41 %
  • À partir de 185 556 euros : 45 %

Ces seuils restent théoriques tant que le budget n’est pas présenté officiellement. Mais avec une inflation estimée à 2 %, la projection est déjà jugée fiable.

Pourquoi ce choix compte sur la feuille d’impôt

Le mécanisme est simple. Quand les prix montent, les salaires peuvent suivre un peu. Sans révision des tranches, cette hausse de revenus peut faire basculer un contribuable dans une tranche supérieure, alors même que son pouvoir d’achat n’a pas vraiment progressé.

En relevant les seuils, le gouvernement neutralise cet effet. Certains ménages resteront ainsi non imposables malgré une légère hausse de revenus. D’autres verront une part plus importante de leurs ressources taxée au taux inférieur. Maud Bregeon a même évoqué la possibilité d’une petite baisse d’impôt pour certains foyers.

Le scénario évité, et ce qu’il aurait coûté

Le gel n’était pas une idée abstraite. Il avait déjà été envisagé l’an dernier. Et ses effets étaient connus.

Selon les estimations avancées, une telle mesure aurait rapporté environ 2 milliards d’euros supplémentaires à l’État. Surtout, elle aurait rendu imposables près de 200 000 foyers de plus. Derrière une décision très technique, on retrouve donc un sujet beaucoup plus large : la manière dont l’impôt s’ajuste, ou non, à la hausse des prix. C’est là que se jouera une partie de l’équilibre fiscal des prochains mois.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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