Budget 2027 : pas de gel de l’impôt sur le revenu, l’exécutif précise sa ligne

Le gouvernement promet une indexation complète du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. Un signal fiscal fort, sur fond d’économies à trouver.

Nouveau taux dimpot sur le revenu
Image d'illustration. Nouveau taux dimpot sur le revenu — ADN

En bref

  • Pas de gel du barème en 2027
  • 30 milliards d’euros d’économies restent à trouver
  • Le Parlement tranchera à partir d’octobre

Pour les contribuables, le signal est simple. Le gouvernement dit qu’il n’y aura pas de gel du barème de l’impôt sur le revenu dans le budget 2027, ce qui évite une hausse automatique liée à l’inflation.

Ce que le gouvernement veut éviter pour les contribuables

Sur BFMTV, Maud Bregeon a indiqué que l’exécutif proposerait une indexation complète du barème sur l’inflation. Autrement dit, les seuils des différentes tranches seraient relevés en fonction de la hausse des prix.

Le point est technique, mais l’effet est très concret. Si le barème était gelé, des ménages pourraient payer davantage alors même que leurs revenus n’auraient augmenté qu’au rythme de l’inflation. Maud Bregeon a expliqué qu’un tel choix provoquerait mécaniquement une hausse d’impôts pour l’ensemble des Français. Elle a aussi avancé qu’en l’absence de gel, cela pourrait même produire une petite baisse d’impôt. Le coût exact de cette indexation complète n’a pas été précisé.

Une promesse fiscale sous la pression des 30 milliards

Cette annonce ne règle pas l’équation générale. L’exécutif cherche toujours 30 milliards d’euros d’économies pour réduire le déficit et la dette publics.

Dans le même temps, Sébastien Lecornu avait promis qu’il n’y aurait pas d’impôt nouveau dans ce budget. C’est là que le contraste apparaît: pas de hausse par le barème, mais une pression intacte pour trouver des marges ailleurs. Bref, la ligne affichée est de ne pas alourdir directement l’impôt sur le revenu tout en serrant les dépenses ou certains avantages fiscaux.

Les retraités dans l’équation, sans effort principal affiché

Parmi les pistes évoquées, les retraités pourraient être mis à contribution à hauteur de 6 milliards d’euros. Mais Maud Bregeon a assuré qu’ils ne porteraient pas l’effort central du budget.

Elle a aussi affirmé qu’aucun retraité ne verrait sa pension diminuer et que les plus modestes seraient principalement préservés. Vendredi, le ministre des Comptes publics David Amiel avait posé un arbitrage plus précis: il faudrait choisir entre l’indexation des pensions sur l’inflation et le maintien de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. On touche ici à l’un des dossiers les plus sensibles du texte.

Au Parlement, la bataille politique reste entière

Le projet sera débattu par les députés à partir d’octobre. Selon Maud Bregeon, c’est à ce moment-là que se jouera la répartition de l’effort.

Interrogée sur un possible accord de non-censure avec le Rassemblement national, la porte-parole a assuré que le gouvernement discuterait avec tous les parlementaires, sans trier les élus. Elle a écarté l’idée de tractations discrètes et renvoyé à un débat démocratique au Parlement. De son côté, Marine Le Pen a semblé entrouvrir la porte samedi en disant, « préférer l’adoption d’un budget, même imparfait », tout en fixant plusieurs lignes rouges. La suite se jouera donc moins sur l’annonce fiscale du jour que sur la majorité capable, ou non, de faire passer le texte.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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