En bref
- Bercy vise certains retraités aux revenus élevés
- Deux mesures sont étudiées pour 2027
- Le gouvernement veut freiner le déficit public
Le sujet dépasse les seules retraites. Avec un déficit public qui pourrait grimper à 6 % l’an prochain sans correction, le gouvernement prépare le budget 2027 en cherchant des économies un peu partout. Et cette fois, les retraités les plus aisés entrent clairement dans le champ.
Sur RTL, le 7 septembre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a confirmé que cette piste était bien étudiée. L’objectif affiché est de ramener le déficit au pire à 5 %, si possible en dessous. Pour Roland Lescure, ne rien faire conduirait, selon ses mots, à « aller dans le mur ».
Le déficit remet tous les publics dans l’équation
Ce que dit Bercy, en creux, est assez simple. Dans un contexte de comptes publics sous tension, aucune catégorie ne semble devoir être épargnée. Le gouvernement défend l’idée d’un effort national partagé, alors que la préparation du prochain budget s’annonce serrée.
L’exécutif ne s’arrête d’ailleurs pas aux retraites. D’autres recettes sont aussi regardées, notamment la possibilité de prélever des cotisations sociales sur les primes d’intéressement ou de participation. Mais la contribution des retraités aisés apparaît déjà comme une voie sérieusement envisagée.
Deux leviers étudiés pour les pensions les plus élevées
Deux options sont sur la table à Bercy. La première consisterait à désindexer les pensions les plus élevées de l’inflation. En clair, ces retraites continueraient d’augmenter moins vite que les prix, avec une érosion progressive du pouvoir d’achat.
L’autre piste toucherait à l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient aujourd’hui les retraités. Si cet avantage était réduit ou supprimé pour certains ménages, cela se traduirait par une hausse directe de leur impôt sur le revenu.
Roland Lescure assume l’idée d’un effort partagé
Le ministre a assumé le raisonnement politique derrière cette orientation. Interrogé sur RTL, Roland Lescure a estimé qu’il n’y avait pas de raison que tout le monde fasse des efforts sauf des retraités qui, pour une partie d’entre eux, disposent de revenus relativement favorables.
Il a quand même pris soin de poser une limite. Il ne s’agirait pas, selon lui, de baisser les retraites, mais de voir s’il faut les augmenter moins vite que ce que prévoirait l’inflation.
Une piste déjà sensible, avec encore des zones floues
La direction est donc fixée, mais pas tous les détails. Quels retraités seraient considérés comme aisés, à partir de quel niveau de pension ou de revenu, et dans quelle ampleur ces mesures seraient appliquées, cela reste flou à ce stade.
Bref, le signal politique est net. Pour le budget 2027, les retraités les plus aisés pourraient être mis à contribution. Reste à voir jusqu’où ira le gouvernement, parce que derrière l’affichage de rigueur, c’est aussi la question du partage de l’effort qui va vite s’imposer dans le débat public.