En bref
- Edouard Philippe veut doubler les aides carburants
- Il évoque des économies sur l’Etat
- Le gouvernement n’exclut pas de nouvelles mesures
La hausse des prix des carburants revient au pire moment pour l’exécutif, entre tension sur le pouvoir d’achat et préparation du prochain budget. A quelques mois de la présidentielle, le sujet redevient explosif. Et ce n’est pas anodin.
La pompe revient au centre du débat
Pour beaucoup d’automobilistes, le plein pèse de plus en plus lourd. Dans ce contexte, les appels à la mobilisation contre la vie chère se multiplient, pendant que le gouvernement cherche aussi à serrer la vis sur ses dépenses.
Le carburant, en France, n’est jamais un simple poste budgétaire. On l’a déjà vu fin 2018 avec la crise des gilets jaunes, quand le sujet avait débordé bien au-delà de la pompe. C’est ce souvenir qui plane de nouveau sur le débat.
La proposition d’Edouard Philippe
Sur X, Edouard Philippe a demandé un doublement immédiat des aides ciblées déjà mises en place pour faire face à la flambée des prix. Son objectif affiché, soutenir les personnes qui dépendent de leur voiture pour aller travailler.
L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron assure que cette mesure doit être financée par des économies sur les dépenses de l’Etat. En revanche, il n’a pas précisé quelles lignes budgétaires seraient concernées.
Entre urgence sociale et ligne de long terme
Le président d’Horizons estime que, pour beaucoup de Français, faire le plein est devenu un sacrifice. Fort de son passage à Matignon, il explique que l’expérience lui a appris qu’avant de demander un effort aux Français, il faut tenir compte de ce qu’ils vivent concrètement.
Sa prise de position ne s’arrête pas à l’urgence. Le candidat déclaré à l’Elysée veut aussi accélérer l’électrification du pays, qu’il présente comme la solution pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.
En parallèle, il reprend son autre thème de campagne, remettre de l’ordre dans les comptes publics pour retrouver, selon lui, des marges de manœuvre et protéger les Français. Bon, le message est clair, répondre à la crise immédiate sans lâcher la promesse de redressement budgétaire.
Le gouvernement laisse la porte entrouverte
De son côté, Sébastien Lecornu a demandé mardi à ses ministres un effort supplémentaire sur les dépenses de l’Etat en 2027, en raison de ce qu’il décrit comme un nouveau choc sur les prix de l’énergie.
Mercredi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué que l’exécutif ne fermait pas la porte à de nouveaux dispositifs d’aide sur les carburants, la situation devenant, selon elle, de plus en plus difficile.
Résultat, le dossier avance sur une ligne étroite. Il faut aider vite, tout en promettant de dépenser moins. C’est sans doute là que se jouera la suite, bien au-delà du seul prix affiché à la station-service.