En bref
- Des hausses sont redoutées dès mars 2027
- Énergie et climat tirent les coûts
- Certains produits pourraient aussi manquer
Les prix du printemps prochain se jouent bien avant le printemps. Entre le 1er décembre et le 1er mars, les négociations commerciales entre enseignes et fournisseurs doivent fixer les conditions tarifaires qui finiront, ou non, dans les rayons. Et pour Coopérative U, le scénario est assez net, une nouvelle phase de hausse des prix se profile à l’issue de ces discussions.
Le rendez-vous qui prépare les prix de mars
Lors de sa conférence de presse de rentrée, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a estimé qu’il y aurait clairement de l’inflation après les prochaines négociations commerciales. Le dirigeant situe l’impact à partir du 1er mars 2027, date qui marque traditionnellement la fin de ces discussions entre la grande distribution et les industriels.
Ce mécanisme est technique, mais son effet est très concret. Si les fournisseurs obtiennent des conditions plus élevées, une partie de ces coûts peut se retrouver en magasin quelques semaines plus tard.
Énergie, transport, plastique, le retour des coûts
Pour Dominique Schelcher, plusieurs postes de dépenses repartent à la hausse. Il cite les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le carburant, le gaz et les engrais. Après un reflux observé durant l’été, les demandes de révision tarifaire reviennent, avec un effet attendu début mars sur certains produits.
Les biens les plus exposés seraient ceux qui dépendent fortement du pétrole ou du transport. Cela vise notamment les articles contenant du plastique, mais aussi les produits qui parcourent beaucoup de kilomètres avant d’arriver en rayon.
Sécheresse et canicule pèsent déjà sur l’alimentaire
L’autre moteur de cette pression, c’est le climat. Selon Coopérative U, le lait, la viande, les produits laitiers et certains produits transformés à base de fruits et légumes font partie des catégories les plus sensibles après les épisodes de sécheresse et les canicules.
Le groupe dit acheter déjà ses fruits et légumes plus cher. Dominique Schelcher évoque même une hausse à deux chiffres, en accélération. Ce n’est plus seulement une crainte sur les prochains mois, c’est aussi une tension déjà visible dans les achats des distributeurs.
Des rayons sous tension, et pas seulement sur les prix
L’enjeu ne porte pas uniquement sur le ticket de caisse. Dominique Schelcher alerte aussi sur des volumes plus faibles pour la pomme de terre et les légumes d’automne. Dans certaines régions, il affirme que l’approvisionnement des magasins devient difficile, avec une tension sur le maraîchage qu’il dit n’avoir jamais connue auparavant.
Même logique pour les conserves de légumes, dont la production est annoncée comme perturbée. Mardi déjà, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, anticipait lui aussi des tarifs fournisseurs en hausse après les prochaines négociations. Il a toutefois précisé qu’acheter plus cher ne signifiait pas automatiquement revendre plus cher. C’est là que se jouera, en gros, la prochaine bataille du pouvoir d’achat.