Compte CPF en 2027, ce que la réforme pourrait changer concernant les frais

Le gouvernement étudie un reste à charge modulé pour le CPF en 2027. Formations prioritaires, aide de l’employeur, surtaxe possible, voilà l’enjeu.

Un power point est projeté en réunion.
Image d'illustration. Un power point est projeté en réunion. — ADN

En bref

  • Le CPF pourrait coûter plus cher en 2027
  • Les formations prioritaires seraient moins touchées
  • L’aide de l’employeur changerait tout

En 2027, tous les projets de formation financés via le CPF ne seraient plus logés à la même enseigne. C’est la piste étudiée par l’exécutif, avec un reste à charge qui varierait selon le type de cursus choisi et selon l’existence, ou non, d’un soutien financier extérieur.

L’idée n’est pas seulement technique. Elle touche à la façon dont les salariés arbitrent une reconversion, une montée en compétences ou un projet plus personnel. Et derrière, il y a une logique simple, réduire la dépense publique consacrée à la formation continue.

Une facture différente selon la formation visée

Le scénario privilégié consisterait à moduler la participation demandée aux bénéficiaires. Pour les formations orientées vers les métiers d’avenir ou jugés stratégiques, le forfait resterait fixé à 150 euros. Pour les autres parcours, une surtaxe pourrait s’ajouter.

Ce point marque une rupture plus nette avec le barème prévu en 2026. En creux, l’État chercherait à orienter les actifs vers les secteurs considérés comme prioritaires sur le marché du travail, au prix d’un accès plus coûteux aux cursus jugés secondaires.

Le cofinancement de l’employeur devient central

Autre levier clé, le rôle de l’entreprise. Lorsqu’une formation bénéficie d’un abondement de l’employeur ou d’un autre partenaire, la contribution personnelle du salarié serait supprimée.

À l’inverse, l’absence d’aide complémentaire pèserait directement sur le montant à régler. Bon, on voit bien la logique, encourager un engagement partagé entre salarié et employeur, tout en limitant l’effort public quand aucun cofinanceur ne se présente.

Derrière la réforme, un objectif d’économies massif

Ces discussions sont menées par le ministère du Travail, en lien avec la Caisse des Dépôts et les acteurs du secteur. L’objectif affiché serait de dégager 300 millions d’euros d’économies supplémentaires.

Rien n’est encore acté. Les montants exacts, la liste des formations épargnées et les modalités d’application restent en débat. Les détails devraient ensuite passer par des décrets dans les mois à venir.

Pour les personnes qui ont accumulé des droits, ce calendrier compte. Si les règles se durcissent, certaines pourraient être tentées d’utiliser leur compte avant l’entrée en vigueur des nouvelles conditions.

Les formations non prioritaires sous pression

C’est là que le sujet devient sensible pour beaucoup d’actifs. Une hausse du reste à charge pourrait freiner des projets de reconversion ou d’acquisition de nouvelles compétences, surtout quand ils ne rentrent pas dans les priorités retenues par l’État.

Les formations liées au développement personnel ou aux langues étrangères non certifiantes sont citées parmi les plus exposées. Du coup, les salariés pourraient être amenés à revoir leurs choix, non pas selon leur seul besoin, mais selon ce que la nouvelle grille tarifaire rendra encore finançable.

À moyen terme, ce n’est pas seulement le coût du CPF qui se joue. C’est aussi la définition, très concrète, de ce qu’une politique publique choisit de soutenir, ou de laisser de côté.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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