En bref
- Le gazole repasse au-dessus de 2 euros
- L’aide de 100 euros divise élus et gouvernement
- Le débat revient en pleine hausse du pétrole
Le prix des carburants repart à la hausse en France, et le débat sur l’aide carburant de 100 euros revient aussitôt. Mercredi 15 juillet 2026, le gazole a franchi de nouveau le seuil des 2 euros le litre, au moment où un rapport parlementaire attaque frontalement le dispositif mis en place pour les gros rouleurs.
Le retour des prix remet le sujet sur la table
La pression remonte avec plusieurs facteurs à la fois. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran dans le Golfe poussent les cours du pétrole, pendant que des frappes ukrainiennes sur des raffineries de la Russie tendent aussi le marché. Le baril évoluait mercredi autour de 80 dollars, après des sommets atteints la veille depuis la mi-juin.
Et il y a un autre point, plus concret pour les automobilistes. Le 8 juillet, la Russie a annoncé l’arrêt de ses exportations de gazole après des attaques sur ses infrastructures de raffinage. Résultat, moins de produit disponible à l’échelle mondiale, et un marché du diesel qui se crispe.
Un rapport parlementaire parle d’un dispositif raté
Dans ce contexte, le député socialiste Philippe Brun juge que l’aide publique déployée depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe a été un « échec total ». Selon lui, seuls 24 % des Français pouvant prétendre à cette aide de 100 euros l’ont effectivement touchée.
L’élu défend une autre piste, inspirée de l’Espagne, avec une fiscalité dite flottante sur les carburants. L’idée, baisser automatiquement les taxes quand les prix montent, puis les relever quand ils reculent. Philippe Brun estime que cette mesure serait neutre pour les finances publiques françaises. Il avance aussi qu’en Espagne, le coût atteindrait 80 millions d’euros sur la TVA et environ 300 millions d’euros sur les taxes spécifiques.
Le gouvernement assume une aide sur demande
Face à cette critique, la ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, défend le bilan. Elle affirme que 1,1 million de personnes ont perçu l’aide, soit un peu moins de 40 % des personnes éligibles.
L’écart avec les chiffres de Philippe Brun tient à la méthode de calcul. Le député explique que 40 % des personnes concernées ont déposé une demande, mais que 24 % seulement ont été effectivement payées. Maud Bregeon, elle, dit assumer le choix d’une démarche volontaire, via une demande en ligne. Sur le modèle espagnol, elle souligne aussi que la situation budgétaire n’est pas la même des deux côtés des Pyrénées.
Combien coûte l’aide et où suivre les prix
Dans les conclusions de sa mission flash, Philippe Brun chiffre le coût théorique de l’aide gros rouleurs à 320 millions d’euros si tous les éligibles la demandaient. Avec un taux de recours inférieur à 25 %, la facture tomberait entre 70 et 80 millions d’euros.
Côté pompe, les derniers relevés confirment la remontée. Le gazole s’affichait mercredi à 2,003 euros le litre en moyenne sur 9 535 stations, soit +4,4 % en une semaine. Le SP98 atteignait 2,023 euros le litre. Le SP95-E10, l’essence la plus consommée, montait à 1,944 euro sur 7 304 stations, en hausse de 1,6 %. Ces données, qui excluent la Corse et l’outre-mer, sont publiées sur le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr.