En bref
- 1 000 dossiers ont été jugés prioritaires
- 69 626 procédures ont été revues
- 675 personnes ont été incarcérées depuis le 8 juin
Près de 1 000 dossiers de pédocriminalité sont désormais considérés comme prioritaires par la justice en France, et 675 personnes ont été incarcérées depuis le 8 juin. Ce bilan a été donné mercredi par Gérald Darmanin, après la revue demandée à tous les parquets dans le sillage de l’affaire Lyhanna.
Une révision massive lancée dans tout le pays
Le travail engagé a porté sur 69 626 dossiers sur l’ensemble du territoire. Les procureurs ont, dans le même temps, recensé 85 047 plaintes.
La Chancellerie précise que, parmi les procédures revues, 61,5 % concernent des faits délictuels et 38,5 % des faits criminels. Autre donnée, 83,5 % des personnes mises en cause sont identifiées, contre 16,5 % qui ne le sont pas. Résultat, la photographie est plus nette, même si elle reste très lourde.
Ce que recouvre la notion de dossier prioritaire
Ces affaires jugées urgentes répondent à plusieurs critères cumulés. Les auteurs y sont identifiés, ils présentent des antécédents judiciaires et les victimes sont toujours mineures.
C’est sur cette base que près d’un millier de dossiers ont été remontés comme prioritaires. Dit autrement, la justice cible d’abord les situations dans lesquelles le risque apparaît le plus immédiat pour des enfants encore mineurs.
Des procédures en forte hausse depuis le 8 juin
Depuis cette date, 1 350 informations judiciaires ont été ouvertes. Selon Gérald Darmanin, cela représente environ quatre fois plus que sur la même période l’an dernier.
Le garde des Sceaux a présenté ces chiffres lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Puis, sur les réseaux sociaux, il a salué « un travail considérable abattu » et annoncé qu’il allait reprendre contact, procureur général par procureur général, pour faire le point sur les stocks locaux.
L’affaire Lyhanna, point de départ du coup d’accélérateur
Tout part des jours ayant suivi la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Le profil du principal suspect, Jérôme Barella, avait alors relancé les questions sur le traitement de plaintes anciennes pour agressions sexuelles sur mineurs, déposées contre lui sans qu’il ait été entendu.
À ce moment-là, Gérald Darmanin avait estimé qu’il n’avait manqué ni de moyens ni de lois, mais « de prioriser des viols sur les mineurs ». Il avait aussi demandé aux procureurs généraux, convoqués au ministère, de reprendre l’intégralité des plaintes touchant des enfants avant le 14 juillet. C’est cette consigne qui a débouché sur le bilan communiqué mercredi.