Nutella, miels, acétamipride, ce que révèle l’alerte d’une ONG

Une ONG dit avoir retrouvé des néonicotinoïdes dans douze produits, dont du Nutella et des miels. Des traces légales, mais sur des substances très contestées.

Nutella, miel et feuille d’analyse
Image d'illustration. Des néonicotinoïdes ont été signalés. — ADN

En bref

  • Tous les produits testés contiennent des résidus
  • Le Nutella classique et végétal est concerné
  • Les seuils européens restent bien plus élevés

Tous les produits analysés contiennent des traces de néonicotinoïdes. C’est le constat avancé par Agir pour l’environnement, qui dit avoir retrouvé huit insecticides de cette famille, dont l’acétamipride, dans douze références de miels et de pâtes à tartiner.

L’ONG demande aux pouvoirs publics d’intervenir rapidement. Elle réclame aussi un moratoire européen sur ces substances et presse les fabricants de revoir leurs procédés pour garantir des produits sans néonicotinoïdes.

Douze produits, douze résultats positifs

Le rapport porte sur dix miels et deux pâtes à tartiner. D’après Agir pour l’environnement, aucun échantillon n’échappe aux résidus. L’association insiste sur un point, l’acétamipride apparaît de façon marquée dans plusieurs analyses, alors même que ce pesticide reste très débattu.

Le sujet compte parce que ces insecticides sont connus pour leur toxicité sur le vivant, en particulier les abeilles. En France, leur usage agricole est interdit depuis 2018.

Les miels importés davantage touchés

Sur les dix miels testés, sept venaient de l’importation. Tous présentent des traces d’insecticides. Dans sept cas, l’acétamipride est même le résidu mesuré à la concentration la plus élevée.

Un mélange de miels d’Ukraine, d’Argentine et d’Espagne atteint ainsi 4.300 nanogrammes par kilo, avec six néonicotinoïdes détectés. L’ONG observe plus largement que les mélanges de plusieurs origines sont les plus chargés, avec des niveaux allant de 700 à 5.400 ng/kg.

À l’inverse, les deux miels bio français testés sont ceux qui affichent les niveaux les plus bas, à 7 et 163 ng/kg. Un miel bio provenant de Bulgarie et du Mexique monte, lui, à 1.300 ng/kg.

Le cas du Nutella, classique et végétal

Du côté des pâtes à tartiner, Nutella a été analysé dans sa version classique et dans sa version végétale. Selon le rapport, les deux produits contiennent huit néonicotinoïdes, avec respectivement 480 ng/kg et 850 ng/kg.

Le fabricant de Nutella rappelle de son côté que la présence de traces ne constitue pas en soi un risque pour la santé. Il ajoute que le produit est fabriqué selon des normes strictes et qu’il respecte les règles applicables en matière de sécurité alimentaire.

Interdits en France, mais pas tous en Europe

C’est là que le dossier se complique. Si ces insecticides sont interdits en France et largement bannis dans l’Union européenne, l’acétamipride reste autorisé au niveau européen jusqu’en 2033.

Autre élément à garder en tête, les chiffres relevés restent très en dessous de la limite maximale de résidus fixée pour le miel. Ce seuil, établi en 2008 à 0,05 milligramme par kilo, soit 50.000 ng/kg, a été relevé ces dernières années. Depuis un règlement publié en avril 2026 au Journal officiel de l’UE, il atteint désormais 1 mg/kg.

Jérôme Nelra

Spécialiste Santé

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