Cyclosporiose : pourquoi les cas grimpent cet été aux États-Unis

Les infections à cyclospora augmentent nettement cet été aux États-Unis. Source encore inconnue, symptômes tardifs, traitement possible: ce qu’il faut retenir.

Image des lits d'hôpital dans une salle d'urgence avec équipements modernes et literie récente
Image d'illustration. Vue sur les lits d hôpital dans une salle d urgence — ADN

En bref

  • 843 cas confirmés depuis le 1ᵉʳ mai
  • La source de l’épidémie reste inconnue
  • La maladie se traite, mais les symptômes tardent

Les chiffres officiels montent vite, et ils ne racontent sans doute qu’une partie de l’histoire. Depuis le 1er mai, le CDC a confirmé 843 cas de cyclosporiose et 86 hospitalisations dans 31 États américains. L’agence précise aussi que des signalements locaux ne figurent pas encore dans le bilan national. Rien qu’au Michigan, 1 562 cas avaient déjà été rapportés vendredi.

Cette infection parasitaire augmente souvent pendant les mois chauds. Mais, cette fois, le CDC note que plusieurs États ont enregistré, sur les deux dernières semaines, plus de cas qu’à la même période l’an dernier.

Des chiffres déjà élevés, et sans doute incomplets

La carte reste large. Des cas ont été recensés du Vermont à la Californie, en passant par le Nebraska. Le Midwest et le Nord-Est semblent les plus touchés pour l’instant, mais l’origine exacte de cette flambée n’a toujours pas été identifiée.

C’est l’un des pièges de cette maladie. Les autorités sanitaires interrogent les patients pour reconstituer ce qu’ils ont mangé pendant la période d’incubation. Or les symptômes peuvent n’apparaître qu’entre deux jours et deux semaines après l’infection. Au bout de 14 jours, se souvenir précisément d’un aliment devient compliqué.

Un autre frein existe sur le plan technique. Don Schaffner, de Rutgers University, explique que les outils de traçage génétique de cyclospora sont moins précis qu’un séquençage complet du génome. Résultat, relier les cas entre eux est plus difficile.

Une enquête compliquée, avec une piste récurrente

Le parasite se transmet par des aliments ou de l’eau contaminés par des selles contenant ses œufs. La transmission directe entre personnes paraît peu probable, car ces matières ne deviennent infectieuses qu’au bout d’une à deux semaines.

Dans les épisodes précédents, les enquêtes ont souvent pointé des produits frais. Parmi eux, des herbes comme le basilic ou la coriandre, des salades et feuilles vertes, mais aussi des baies et des pois mange-tout. Pour l’instant, aucun aliment précis n’est mis en cause, et plusieurs foyers distincts pourraient coexister.

Quels symptômes doivent alerter

Le signe le plus typique reste une diarrhée aqueuse, parfois soudaine. Peuvent s’y ajouter des crampes, des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz, des vomissements, une perte d’appétit, une perte de poids ou encore des symptômes proches d’un état grippal, avec fatigue, fièvre, maux de tête et courbatures.

Chez certaines personnes, les symptômes fluctuent, puis reviennent pendant des semaines. Les personnes immunodéprimées, les enfants de moins de 6 ans, les plus de 65 ans et les femmes enceintes sont plus exposés à des formes plus longues ou plus sévères. Le risque de déshydratation est particulièrement surveillé.

Comment réduire le risque sans renoncer aux fruits et légumes

Les autorités ne demandent pas d’arrêter de manger des fruits et légumes frais. En revanche, elles recommandent des gestes simples. Laver les produits reste utile, même si cela ne supprime pas totalement le risque, car le parasite peut rester accroché. Martin Bucknavage, récemment parti de Penn State, conseille d’utiliser une eau plus chaude que le produit lui-même. Pour les aliments très creusés, comme les framboises, Shruti Gohil, de UCI Health, recommande de les immerger, de les remuer à la main, puis de répéter l’opération.

Le vinaigre ou le bicarbonate n’ont pas montré d’efficacité spécifique contre cyclospora. Il faut aussi se laver les mains au savon avant et après manipulation. En cas de doute, un médecin peut demander un test de selles, puis prescrire un antibiotique comme Bactrim. Et si l’eau locale inquiète, il vaut mieux éviter l’eau des lacs et suivre les alertes des autorités sanitaires.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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