Ces grandes méduses bleues sur les plages, le vrai risque

Observées de la Manche à la Méditerranée, ces méduses bleutées impressionnent. Leur taille inquiète, mais leur dangerosité reste limitée.

Méduse rhizostome sous la surface
Image d'illustration. Le rhizostome attire l’attention l’été. — ADN

En bref

  • La méduse bleue courante est peu dangereuse
  • Elle approche des côtes pour se reproduire
  • Attention à la physalie, bien plus douloureuse

Elles peuvent atteindre 80 centimètres de long et se voir de loin, mais ces grosses méduses bleutées observées sur les plages françaises ne sont, dans la grande majorité des cas, pas dangereuses pour les baigneurs. L’animal le plus souvent aperçu de la Manche à l’Atlantique et jusqu’en Méditerranée est la méduse rhizostome.

Une silhouette massive, très visible près du bord

Chez cette espèce, l’effet visuel joue beaucoup. Le biologiste marin Pascal Romans, de l’observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, décrit une méduse blanc nacré, parfois bleutée, entourée d’un liseré bleu électrique sur l’ombrelle, la partie qui pulse. De quoi donner, vu de loin, une teinte franchement bleue.

La taille varie. En moyenne, l’ombrelle mesure autour de 20 centimètres de large et les bras avec les tentacules environ 50 centimètres. Certains spécimens montent bien plus haut, jusqu’à 80 centimètres de long et 50 centimètres de diamètre.

Si on les voit autant près des plages au printemps et en été, c’est parce qu’elles viennent s’y reproduire. Elles profitent aussi d’une nourriture abondante, le plancton, très présent à cette période près des côtes. Certaines années, des bancs entiers peuvent passer, même si l’animal est souvent solitaire. Ensuite, courants et vent les poussent parfois jusqu’au rivage.

Pourquoi elle impressionne plus qu’elle ne blesse

Le point important, c’est leur niveau d’urtication. Chez les méduses, les cellules qui injectent le venin, les cnidocytes, se trouvent surtout sur les tentacules. Or, chez la rhizostome, ces tentacules sont très réduits. Les cellules urticantes sont présentes sur les bras, mais en petit nombre.

Résultat, elle ne pique pas à distance, contrairement à d’autres espèces aux filaments beaucoup plus longs. Un contact peut provoquer de légères brûlures, surtout chez une personne un peu allergique, ou si la peau est fine, sous le poignet par exemple, ou au niveau du visage.

Le bon réflexe sur la plage, et l’espèce à ne pas confondre

Pas de quoi paniquer. Mais mieux vaut ne pas la toucher. Et si le contact a déjà eu lieu, il faut éviter de se frotter le visage, les yeux ou la bouche.

L’autre point de vigilance concerne la confusion avec une espèce autrement plus problématique, la physalie, aussi appelée galère portugaise. Elle reste moins fréquente près des côtes françaises, même si des signalements récents ont eu lieu près d’Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. Là, le risque n’a rien à voir: ses tentacules, très chargés en cellules urticantes, peuvent provoquer des douleurs beaucoup plus fortes, jusqu’à des syncopes.

Jérôme Nelra

Spécialiste Santé

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