En bref
- Le paracétamol reste le plus acheté
- L’ibuprofène cible mieux la cause des crampes
- D’autres options existent, avec précautions
On achète souvent le mauvais médicament pour les douleurs de règles. C’est le point saillant d’une analyse de tickets de caisse portant sur plus de trois millions d’acheteurs, qui montre que le paracétamol reste l’antalgique le plus acheté contre les crampes menstruelles. Problème, ce n’est pas celui qui agit le mieux dans ce cas précis.
Un achat très courant, mais pas le plus adapté
Ce décalage dit quelque chose de très simple. En rayon, on se tourne d’abord vers ce qu’on connaît, ce qu’on a déjà chez soi, ou ce qui paraît plus doux. Le paracétamol coche toutes ces cases, mais pour les règles douloureuses, l’ibuprofène est souvent plus efficace.
Les données cliniques vont dans le même sens. Une grande revue de 80 essais, menée sur plus de 5 800 femmes, a conclu que les AINS, la famille de l’ibuprofène, soulagent nettement mieux que le paracétamol.
Pourquoi l’ibuprofène agit mieux sur la douleur
La raison tient au mécanisme même des règles douloureuses, aussi appelées dysménorrhée. Chaque mois, la muqueuse de l’utérus se désagrège et libère des prostaglandines, des substances qui provoquent des contractions pour évacuer cette muqueuse. Quand leur niveau est élevé, les contractions deviennent plus fortes, le flux sanguin vers l’utérus baisse, et les crampes s’installent. Des nausées peuvent aussi apparaître.
L’ibuprofène agit à la source. Comme les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, il bloque des enzymes, les Cox, indispensables à la production des prostaglandines. Le paracétamol, lui, agit surtout au niveau du cerveau et de la moelle épinière, en atténuant la perception de la douleur. C’est utile pour un mal de tête, moins pour une douleur liée à l’inflammation et aux contractions de l’utérus.
Les autres options, et les précautions à connaître
L’ibuprofène n’est pas seul. Le naproxène, l’acide méfénamique ou encore l’aspirine appartiennent aussi aux AINS. L’aspirine est moins recommandée, car elle peut augmenter les saignements et n’est pas conseillée avant 16 ans. Si un AINS ne fonctionne pas bien, un autre peut aider. L’acide méfénamique peut aussi être privilégié quand les règles sont abondantes, mais il nécessite une ordonnance.
Le moment de la prise compte aussi. Ces médicaments semblent plus utiles s’ils sont commencés tôt, idéalement un à deux jours avant le début des saignements puis pendant les premiers jours.
Mais ils ne conviennent pas à tout le monde. Les AINS peuvent irriter l’estomac, augmenter le risque d’ulcère ou de saignement digestif, et affecter les reins, voire le cœur sur le long terme. Les personnes souffrant d’asthme, de maladie rénale, de problèmes cardiaques ou d’antécédents d’ulcères doivent demander un avis médical. Ils peuvent aussi interagir avec des anticoagulants, certains antidépresseurs, des traitements contre l’hypertension ou des corticoïdes.
Et parfois, ça ne suffit pas. Environ 18 % des personnes atteintes de dysménorrhée ne sont pas assez soulagées. D’autres pistes existent, comme l’hyoscine butylbromide, la pilule contraceptive orale, la chaleur sur le ventre ou le Tens. Si la douleur est forte, s’aggrave ou perturbe la vie quotidienne, il faut consulter pour écarter une endométriose ou des fibromes.