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Migraines : pourquoi les femmes sont plus touchées et leur douleur trop souvent négligée par les médecins

Santé > Symptômes > Femme > Douleur
Par Jérôme Nelra,  publié le 5 août 2025 à 19h00.
Santé
Femme regardant par la fenêtre

Image d'illustration. Femme regardant par la fenêtreADN

Les migraines touchent davantage les femmes que les hommes, mais leur douleur est trop souvent sous-estimée ou négligée par le corps médical. Cette inégalité suscite des interrogations sur les causes et la prise en charge de cette maladie invalidante.

Tl;dr

  • Les migraines touchent plus gravement les femmes.
  • La douleur féminine est souvent minimisée par le système médical.
  • L’inclusion des femmes dans la recherche reste insuffisante.

Migraines : quand la douleur féminine est négligée

La migraine, ce mal de tête lancinant qui ronge le quotidien, touche particulièrement les femmes. Pourtant, loin d’être une simple gêne passagère, ce trouble neurologique demeure encore largement sous-estimé et mal pris en charge, notamment par les systèmes de santé.

Et si l’on gratte un peu la surface, on découvre un problème bien plus vaste, où se croisent biais institutionnels, inégalités dans la recherche et réalités biologiques ignorées.

Le poids des hormones et de la biologie

Pourquoi les femmes sont-elles davantage concernées ? En grande partie à cause des fluctuations hormonales, principalement celles des œstrogènes. Juste avant ou pendant les règles, au moment de la grossesse ou encore à la ménopause, ces variations peuvent bouleverser la manière dont le cerveau gère la douleur.

De plus, la physiologie féminine – une peau dotée de plus de récepteurs à la douleur et un seuil d’activation plus bas – explique cette sensibilité accrue aux déclencheurs comme la lumière vive, le manque de sommeil ou même certains aliments. Ainsi, il ne s’agit pas d’être « trop sensible », mais simplement d’un fonctionnement corporel spécifique.

Biais médicaux et échec de l’écoute

Mais là ne s’arrête pas l’injustice. Une fois face au médecin, beaucoup trop de patientes voient leur souffrance attribuée à « simple stress » ou à des causes psychologiques banalisées. Pire : alors qu’elles décrivent des douleurs persistantes, on leur prescrit fréquemment des antidépresseurs au lieu d’un vrai traitement contre la migraine.

Dans les services d’urgence, les femmes attendent plus longtemps que les hommes pour recevoir des soins contre la douleur – même quand les symptômes sont identiques. Cette tendance inquiétante découle notamment du fait que longtemps, les essais cliniques ont laissé de côté le corps féminin.

L’urgence d’une prise en charge adaptée

Que faudrait-il changer ? Les spécialistes s’accordent sur plusieurs priorités :

  • Inclure systématiquement les femmes dans les études cliniques, en tenant compte des spécificités liées aux hormones et au métabolisme.
  • Mieux former le personnel médical à reconnaître ces symptômes différents selon le sexe.
  • Écouter réellement les patientes, sans hâtivement poser une étiquette psychologique.
  • Adapter enfin traitements et protocoles pour qu’ils répondent vraiment aux besoins féminins.

Finalement, derrière chaque migraine non prise au sérieux chez une femme se cache tout un système qui tarde à évoluer. Si la science a désormais montré que cette souffrance était bien réelle – et souvent plus intense que chez les hommes –, il reste urgent que le monde médical rattrape son retard et propose une prise en charge véritablement équitable.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Migraines : quand la douleur féminine est négligée
  • Le poids des hormones et de la biologie
  • Biais médicaux et échec de l’écoute
  • L’urgence d’une prise en charge adaptée
En savoir plus
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