En bref
- Un laboratoire dédié doit être créé en France
- Le rat-taupe nu vit bien plus longtemps
- Sa résistance aux maladies intrigue les chercheurs
Un petit rongeur d’Afrique de l’Est va se retrouver au centre d’un nouveau projet de recherche en France. Une soirée de charité organisée lundi soir par la Fondation pour la recherche psychologique doit financer la création d’un laboratoire spécialement consacré au rat-taupe nu.
Un laboratoire bientôt centré sur ce rongeur
Le projet est porté par le cardiologue et nutritionniste Frédéric Saldmann. Pour lancer les travaux, une centaine de spécimens doivent arriver d’Ethiopie. Le choix peut surprendre, vu l’allure très particulière de l’animal, peau nue et yeux atrophiés, mais ce n’est pas son physique qui intéresse les médecins. C’est sa biologie.
Une longévité qui casse les repères
L’écart est net. Une souris vit en moyenne trois ans. Le rat-taupe nu, lui, peut vivre dix fois plus longtemps. Rapporté à l’échelle humaine, cela reviendrait à approcher les 600 ans.
Ce contraste explique une bonne part de l’intérêt scientifique. On parle d’un rongeur, pas d’un grand mammifère rare, et pourtant sa durée de vie sort complètement des repères habituels.
Cancer, cœur, cerveau, ce qui fascine les médecins
Selon Frédéric Saldmann, ce rat partage 93 % de gènes communs avec l’être humain et semble résister à beaucoup de pathologies, notamment au cancer, ainsi qu’aux maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Il avance aussi que l’animal ne connaît ni la douleur, ni le cancer, ni la démence.
Autre point relevé par le Pr Gérard Friedlander, également engagé dans ce projet, le rat-taupe nu vivrait en bonne santé jusqu’au bout. Il explique même qu’entre la naissance et la mort, son apparence extérieure ne changerait pas.
Le mouvement, une piste déjà avancée
Reste la question du pourquoi. Pour Frédéric Saldmann, une piste tient à son activité permanente. En observant ces animaux, il dit les avoir vus cavaler sans arrêt.
Il relie cette observation à un fait bien connu chez l’humain. D’après lui, 30 minutes de sport par jour permettent de libérer 1.004 molécules protectrices et de réduire de 40 % le risque de contracter une maladie grave. Le lien n’est pas une preuve, mais l’idée est assez claire pour orienter les recherches à venir.
Vos questions, nos réponses
Qu’est-ce qu’un rat-taupe nu exactement ?
C’est un rongeur d’Afrique de l’Est. Le texte insiste d’ailleurs sur un point utile, il ne faut pas le confondre avec une taupe. Son apparence très inhabituelle, avec une peau nue et des yeux atrophiés, explique en partie pourquoi il marque autant les esprits.
Pourquoi sa longévité intéresse-t-elle autant la recherche ?
Parce qu’elle sort des standards observés chez des animaux comparables. Quand un rongeur vit beaucoup plus longtemps que prévu, et en restant en bonne santé, il devient un modèle précieux pour étudier le vieillissement et les mécanismes de protection de l’organisme.
Le rat-taupe nu est-il vraiment insensible aux grandes maladies ?
Les chercheurs cités parlent d’une résistance très forte au cancer, aux maladies cardiovasculaires et aux atteintes neurodégénératives. À ce stade, l’intérêt scientifique tient justement à cette résistance inhabituelle, qu’il faut documenter et comprendre plus finement en laboratoire.
Pourquoi parler aussi d’activité physique dans ce dossier ?
Parce que l’une des hypothèses avancées relie la santé de l’animal à son mouvement constant. L’idée n’est pas de copier sa vie souterraine, mais de voir si une activité continue peut éclairer certains effets protecteurs déjà observés chez l’humain avec l’exercice régulier.